1 : Inde : Trans-Himalayenne
2 : Corse : GR 20
3 : Interail
4 : Prague & Vienne : Nouvel An
5 : Québéc entre filles
6 : Australie en famille
______________________________________________________________________________________________________________________________
♦ INDE - Juillet 2008 (Semaine 1 par Cécilia)
Quel délicieux et agréable moment que celui où l'on découvre pour la toute première fois un endroit et une culture que l'on ne connaît pas ! C'est ce bonheur là qui pousse à voyager non ?
L'arrivée à Delhi a été étourdissante de nouveauté, de bruits, de vie et de surprises. L'hôtel où nous logeons est plus qu'agréable, on se prendrait presque pour des rois ! Le petit-déjeuner sur le toit du bâtiment nous laisse le temps d'apprécier la ville où nous venons d'atterrir. Les maisons et les immeubles se dessinent à l'horizon jusqu'à perte de vue, dans une chaleur ambiante infinie. Et c'est parti ! Nous nous lançons dans la découverte de cette ville aux soins de notre chauffeur. Il nous fait découvrir des sites tous plus jolis les uns que les autres. Mais ces endroits ont malgré tout quelque chose de dérangeant, car le contraste entre la rue (pauvreté et saleté), et les sites historiques (grandeur et propreté) est énorme ! Cette longue journée se termine à la gare ferroviaire, où nous prenons le train de nuit en direction d’Amritsar…
Le train est vraiment un transport local incontournable je trouve. En Inde, il existe un grand nombre de classes (au moins 4) et nous sommes quand même soulagés de ne pas être dans la moins chère… En voyant nos voisins cadenasser leurs valises à doubles tours et cacher leur richesse dans le (généreux) soutif de Madame, on décide de dormir avec nos sacs en oreillers. Pas très confortable, mais efficace ! L’arrivée à Amritsar, en plein cagnard (à 6h du mat’… gloups !), nous réveille direct. Un guide, Moti, (parlant l’anglais, ce qui n’est pas négligeable) et un chauffeur, Partab, nous attendent et nous emmènent illico presto visiter le Temple d’Or. C’est LE truc à voir ici : un super temple sikh, au milieu d’un bassin sacré, recouvert de tonnes d’or. C’est assez impressionnant… Un pti déj (dans un hôtel climatisé… on respire !) nous requinque et nous voilà partis vers de nouveaux horizons.
Les jours qui suivent, nous visitons :
- Une ville perchée sur 5 collines (Dhalousie), où l’on rencontre de charmants petits singes sauvages qui crapahutent sur les toits en tôle dans la nuit "silencieuse".
- Dharamsala, le lieu d’exil des tibétains (pas besoin d’être au courant, on croise 10 moines tous les 5 mètres !). La culture est totalement différente de ce que l'on a pu voir jusqu'à présent. Les tibétains sont beaucoup plus souriants et accueillants au premier abord. Les drapeaux à prières s'étendent à travers toute la cité. L'ambiance est un peu "baba", c'est marrant.
- Grâce à la traduction de Moti, nous visitons une coopérative de thé à Palampur. La visite est très intéressante et agréable, car
totalement en-dehors des sentiers touristiques... La nuit que nous passons dans un ancien palais de Maharadja l’est beaucoup moins ! lol
- Notre dernier arrêt est un véritable havre de paix : la guest-house de Raju, à côté de Banjar, où l’on accède en se laissant porter par une nacelle au-dessus d’une rivière. Inimitable ! Les maisons sont en bois et en pierre et l'accueil est plus que royal, bien que très simple. Nous faisons une chouette rando qui nous mène au bord du Parc National Himalayen, c'est grandiose !
La dernière étape de notre périple consiste à rejoindre Manali... où l'on retrouvera Fabien (mon pti frère) et Victorien. J'ai le coeur qui bondit d'impatience à l'idée de revoir mon amoureux et de pouvoir partager avec lui toutes ces nouveautés (et celles à venir !).
______________________________________________________________________________________________________________________________
♦ INDE : Trans-Himalayenne à moto - Juillet 2008 (Semaines 2 & 3 par Victorien)
Je vais en quelques mots essayer de vous faire partager la magie de notre trip trans-himalayen même si les mots risquent d'être un peu creux pour retranscrire la foule de chose que nous avons pu voir, découvrir et ressentir ici.
J1 : Arrivée à Delhi de Victorien et Fabien, frère de Cécilia, après 8H de vol. 1ères impressions : bain de foule, du monde partout, ça grouille, klaxons à tout va, circulation rock'n'roll, chaleur et humidité étouffante. Au bout de 2 min, 1ère rencontre avec une vache (animal sacré) nonchalamment posée au milieu de la route. La surprise quand, quelques minutes après tu as déjà croisé l'équivalent de dix troupeaux, en liberté. Au travers de la ville de surprenants contrastes pointent : une extrême pauvreté se mêle au joyeux bordel organisé de cette cité aux 20 millions d'âmes. 1ère nuit : difficile de dormir, trop chaud et trop excité par cet autre monde à découvrir.
J2 : Nous grimpons dans un mini-bus pour rejoindre Cécilia et ses parents qui sillonnent le pays en autodidacte depuis une semaine en attendant le départ du raid. On quitte la capitale direction le nord sur des routes cabossées semblables à des pistes parsemées de pièges (trous, cailloux, boue...). Héritage anglais, la circulation se fait à gauche. Durant 600 km la vie grouille de chaque côté de la voie. De nombreuses motos, bondées et sans casque évidemment, circulent. Après 14 H de ballottage nous atteignons notre but, Manali, cité ancrée à 2000 m aux portes de l'immensité himalayenne. Au coeur des ruelles de terres du Old Manali notre Guest House nous attend.
J3 : Prise en main de nos nouvelles compagnes de route, les mythiques Royal Enfield 500, pures joyaux indiens. Les 1ers tours de roues sont coriaces. Le frein arrière, le sélecteur ainsi que l'ordre de passage des vitesses sont inversés. Pour couronner le tout, un point mort très agaçant a la fâcheuse tendance de vouloir s'imposer entre chaque vitesse. 1ère balade plutôt cool. Quelques 50 km sur ces routes chaotiques, au milieu d'une circulation étourdissante. Bref, le pied ! On fait aussi connaissance avec l'équipe : mécanicien (Just Beer ou l'homme aux doigts de fée), cuisiniers et chauffeurs sont là pour nous accompagner dans ce périple.
J4 : 8H00, on enfourche nos bolides pour la 1ère étape de ce raid incroyable. Au programme, 8H de "bike" pour 145 km de route variée (bitume, boue, sable, passage de gué...). On s'enfonce dans les montagnes pour franchir le Rothang La (= col) à 4 000 m (ça annonce la couleur !).Cette rude étape nous plonge dans le bain de ce qui nous attend les 10 jours à venir. Au col de magnifiques sommets immenses et enneigés apparaissent furtivement entre les nuages. De l'autre côté ce sont de majestueuses montagnes qui s'offrent à nous et nous accueillent pour un périple mémorable. On a ensuite continué, puis continué, puis continué la route pour enfin établir notre camp de base à Gispa. 1ère nuit au grand air.
J5 : La seconde étape, moins intense, nous fait tout de même franchir un col à 4 900 m. C'est fou d'être aussi "facilement" (entre guillemets quand même car on est tous crevés) au-dessus de notre cher Mont-Blanc. Tout du long le voyage est ponctué de pauses thé dans des gargotes en toile deparachute. Le soir, le camp est planté à Sarchu, magnifique plateau perché à 4 300 m et entouré de splendides monstres rocheux. Les mots manquent pour décrire pleinement cette beauté minérale qui a peu à peu pris le pas sur la verdure et la végétation des plaines et des 1ers sommets. L'altitude me fait ressentir une légère pression au crâne et provoque un essoufflement accéléré lorsque je m'agite trop mais rien de plus. Donc tout baigne. Certains membres du convoi commencent eux à se plaindre de sérieux maux de tête.
J6 : Longue étape. Passage d'un second col à 4 900 m avant de redescendre sur un immense (et ici le terme prend vraiment toute son ampleur) plateau où le chemin laisse place à un fabuleux hors piste où nous roulons à fond les ballons ! C'est génial. Les paysages qui nous entourent sont tout simplement grandioses, dégradés indescriptibles de couleurs pastelles sur les géants rocailleux. Ensuite, place à une longue remontée sous la pluie et la grêle jusqu'à 5 250 m (on s'en rend même plus compte mais c'est dingue !). Quelle sacrée vue on avait de là-haut. Chacun, la moto bien en main, commence à trouver ses marques. C'est grisant de conduire ces engins sur ces routes du bout du monde. Le soir, campement dans un décor de rêve. Seul bémol, Cécilia souffre de l'altitude et de la fatigue et doit rester tranquille sous la tente pour se reposer. Just Beer quant à lui et comme chaque soir, bichonne nos montures, et il faut dire qu'elles en ont bien besoin avec ce qu'on leur fait subir.
J7 : Etape de ralliement à Leh. On s'engouffre dans un époustouflant canyon aux profondes et étranges teintes (violet, rouge, orange, ocre...) qui semble ne
jamais finir. En route, intéressante découverte de monastères bouddhistes aux rassurantes couleurs. On se déchausse avant de pénétrer ces lieux de culte mais à vrai dire je trouve ça plutôt sympa de se balader en chaussettes. Les moinillons déambulent. Partout des drapeaux à prières flottent au vent. Arrivée à Leh, ça fait tout drôle de retrouver une forme de civilisation (trafic, commerces, mondes, rues bruyantes...) dans ce coin si reculé au coeur de l'Himalaya après tout ce calme et cette solitude. Le soir c'est grand luxe, douche chaude et lit moelleux, quel bonheur !
J8 : Aller (sous une fine pluie de neige)/retour jusqu'au Kerdang La, histoire de franchir la route carrossable la plus haute du monde (5 500 m rien qu'ça) puis pause bouffe sur le toit terrasse d'un restau du centre avec, au menu, des momos (sorte de raviolis fourrés). Après-midi libre pour tous dans ces rues d'un autre temps, où tout est différent de ce que nous connaissons chez nous : les paysages, les gens, la culture, la nourriture aussi (très épicée et où le riz remplace notre bonne vieille baguette). Depuis que nous sommes entrés au Ladakh je me sens incroyablement bien. Les gens sont souriants, accueillants, agréables et présentent de beaux visages sereins, la vie décalée et l'omniprésence tibétaine apaisante. Pour moi , un passage très rafraîchissant chez un barbier local, pour Céc, un moment de détente (massage tibétain).
J9 : Le lendemain une rude journée s'annonce. 210 km pour rejoindre le lac Tsomoriri. Le corps ayant bien augmenté son taux de globules rouges, l'acclimatation est maintenant totale. Le départ de Leh annonce l'amorce du voyage retour par les lacs qui nous ramènera 5 jours plus tard à notre point de départ. Mais le voyage n'est pas terminé.
Le 10ème jour nous sommes allés rendre visite à une tribu nomade. Il nous ont accueilli dans leur tente principale et offert du thé au beurre de yack et du fromage blanc frais. En échange nous leur avons fait don de quelques denrées primaires (riz, huile...). Ce fut très agréable et enrichissant de pouvoir partager ce simple moment avec eux et d'échanger quelques mots.
Tout au long de notre parcours on se serait cru au coeur d'un zoo ambulant. Tous les jours nous croisons toute sorte d'animaux, yacks, chèvres, moutons, ânes, chevaux, vaches, minuscules singes, multitudes de chiens fainéants et même un éléphant ! Tout ce joyeux petit monde étant bien entendu en liberté permanente.
Merci encore à Catherine et Philippe de m'avoir permis de partager avec eux cet incroyable moment !
Pour découvrir d'autres photos, c'est ICI.
Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site