Dernier billet

Russie et transsibérien

Imposante capitale soviétiqueAntony, 5h40 : réveil aux aurores pour un nouveau départ, direction la Russie. Dépose matinale à Orly avec Isabelle comme chauffeur. Les sacs bouclés une seconde fois (environ 35 kg à nous deux) on est fin prêts à s’envoler vers de nouvelles aventures. Et elles commencent dès l’aéroport ! La courte journée de transport va être plus longue que prévue. Un petite grève des contrôleurs aériens et le tour est joué. Le voyage nous replonge directement dans l’ambiance. On décolle avec 4h30 de retard et on rate donc notre correspondance à Berlin, où l’on poireaute jusqu’au soir dans l’étrange aéroport low-cost. Notre tout nouveau  mini-pc nous aide à dédramatiser et à passer le temps devant une saison entière de la série "Californication". On arrive finalement à Moscou à 3h00 du matin (au lieu de 16h00 la veille !). Il n’y a plus (ou pas encore, au choix) de transport en commun mais, coup de bol, une gentille famille nous conduit dans le centre. Super ! Le jour se lève quand on découvre l’imposante capitale soviétique et ses grandes artères désertes. Partout on aperçoit de nombreux édifices en tout genre et voit fleurir de précieux dômes dorés. Des espèces de châteaux, d’impérieux bâtiments, des demeures cossues aux façades colorées, toutes sortes d’églises se pavanant le long de larges avenues. Ca en jette !

Ballet de La Belle au Bois Dormant, au Palais du Kremlin S’étant couchés à "l’heure où Paris s’éveille", notre journée d’introduction en Russie est bien courte. Nos premiers pas nous conduisent à l’Opéra du Bolshoï où nous retirons nos places pour "La belle au bois dormant", ballet classique qui se joue le soir même au grand Palais du Kremlin. Au passage on découvre le métro moscovite et ses belles stations recouvertes de marbre, de sculptures, de fresques et d’ornements dorés. A l’approche du bâtiment, l’ambiance "sortie des grands jours" se fait ressentir. Des hommes soigneusement présentés accompagnent des femmes impeccablement habillées. Ils ont la classe dans leurs chics tenues de soirée. Autant dire qu’on a l’air de vrais ploucs à côté de tous ces gens habillés sur leur 31. Enfin, on nous laisse tout de même entrer ! Dans une salle toute recouverte de bois, on assiste à un féerique ballet. La musique qui sort de la fosse à orchestre en contrebas n’est pas sans rappeler celle des dessins animés de notre enfance. Dans de somptueux costumes les danseurs évoluent avec aisance et grâce. Au baissé de rideau, les applaudissements sans fin démontrent un fort et particulier attachement du peuple russe pour ses danseurs.

Dur le cyrillique, et encore là c'est facile Le choc des cultures débute avec l’habituelle barrière de la langue, cette fois-ci appuyée par un alphabet bien différent du notre. Avec toutes ces inscriptions en cyrilliques on ressent ce que doit être la vie d’un illettré. C’est drôlement bizarre d’être dans l’incapacité totale de lire quoi que ce soit. Il ne nous reste que les chiffres de compréhensible, c'est-à-dire pas grand-chose. Les menus des restaurants, les noms des rues et des commerces, les stations de métro, les plans, le moindre mot est une nouvelle énigme à déchiffrer, une suite de symboles à décrypter. Pourtant il va bien falloir s’y mettre car les russes ne sont pas nombreux à pratiquer une langue étrangère et ce sera encore pire en Mongolie, où l’alphabet est très similaire.

Dômes dorés et bulbes colorés à Moscou Journée découverte de Moscou. On démarre avec le quartier de notre auberge, l’Arbat, célèbre artère piétonne de la ville. Très animée avec ses portraitistes, ses musiciens ambulants, ses cafés et ses boutiques touristiques, elle constitue un bon lieu de promenade aux pieds de vieilles demeures bourgeoises aux couleurs pastels. Sur les boulevards les voitures filent à grande vitesse. Pas de passages cloutés, les piétons utilisent des souterrains pour traverser les larges avenues. Passage par la gare ferroviaire de Iaroslavl pour retirer nos billets de transsibérien et acheter des tickets pour une escapade de deux jours à la campagne. Difficile de se faire comprendre des guichetières qui ne parlent rien d’autre que le russe. Evidemment on est un peu limités mais ça nous amuse. Mimes, schémas et chiffres sont nos seuls outils Palais du Kremlin de Moscou pour avancer dans ce dialogue de sourds. Patience et persévérance finissent par porter leurs fruits, on a tous nos billets. Cool. La suite de la visite de la ville nous conduit immanquablement aux alentours du Kremlin, quartier historique central. L’imposante architecture et l’exubérance russe se retrouvent dans tous les édifices du Kremlin et de la célèbre place rouge (qui en fait ne l’est pas). Au bout de cette dernière l’attention se porte plus particulièrement sur la folle basilique Basile-le-Bienheureux et ses multiples dômes et bulbes de meringue colorée. Su-per-be ! On adore. Les demoiselles russes, toujours très féminines, dévalent avec classes les pavés de la célèbre place sur leurs hauts talons. Par contre, quand elles posent pour la photo, elles sont trop marrantes à regarder. Devant l’objectif elles prennent leur plus beau déhanché et leur mine la plus sexy. Juste énorme ! Les jardins et pelouses qui longent les murs d’enceinte du Kremlin sont plein de vie. Dans l’ensemble on est agréablement surpris de découvrir tant de charmes à la capitale russe.

L'incontournable Place Rouge de Moscou


Rostov, village tranquile de l'Anneau d'Or Histoire de profiter de l’arrière pays de l’Anneau d’Or, on s’organise une petite virée à la campagne. En trois heures de train (échauffement idéal pour le transsibérien) on rejoint Rostov-Veliky, sympathique ville de province bordant le lac Nero. Dans ce village tranquille assoupi autour de son splendide Kremlin aux coupoles argentées et aux bulbes d’oignons bigarrés, la vie s’écoule paisiblement. Aux abords du lac, on loge dans une chambre rustique mais fort correcte dans le jardin d’un particulier exposant à l’air libre ses œuvres d’art insolites. Idéal pour se mettre au vert ! A deux pas, avec ses hauts murs en pierre chaulée, ses tours de garde et ses six églises aux nombreux dômes resplendissants, le Kremlin de Rostov offre aux badauds un spectacle enchanteur. Sur la rive, en compagnie des pêcheurs et des peintres qui profitent du soleil, on flâne jusqu’au monastère Saint-Jacques. Reflétant ses gros bulbes bleus nuit dans les eaux du lac, cet édifice à la mode russe en impose. Au resto, malgré nos récents progrès en cyrillique, le déchiffrage du menu est encore folklo ! Mais bien qu’on ne sache pas trop à quoi s’attendre, ce que l’on nous sert est pas mal. On ne peut pas dire que ce soit très raffiné ou léger (tout baigne dans l’huile mais ça doit sûrement être en prévision des durs longs mois d’hiver), mais ça reste appréciable. En entrée il y a souvent un large choix de soupes chaudes ou froides. Viennent ensuite toutes sortes de viande recouvertes de crème fraîche et de fromage fondu ou bien des espèces de ragoût en sauce.  Et l’aneth parfume tous les plats.

Kremlin de Rostov Veliky


Parc du Mont des Moineaux, Moscou De retour à Moscou après cette bouffée d’air frais on a le temps de profiter de la vue sur la quasi-totalité de la ville depuis la place Ouniversiteskaya. A ses pieds on se mêle avec plaisir à l’animation dominicale qui circule à pied, à vélo ou en roller le long des sentiers boisés qui sillonnent l’étroite langue de terre de la réserve naturelle du Mont des Moineaux. Malgré un véritable parcours du combattant à l’ambassade pour l’obtention du précieux sésame d’entrée (le visa !) et plusieurs mises en garde, une fois sur place aucun incident à déclarer. Pas de problèmes d’enregistrement ni de contrôles intempestifs ou de policiers zélés soucieux de leur "commission". Depuis quelques années la situation semble s’être bien assouplie.

Départ du transsibérien A la gare de Iaroslavl c’est ensuite pour nous le grand départ. On grimpe dans le mythique transsibérien pour près de quatre jours de lancinant ballottage sur les rails. Au départ, l’ambiance est assez étrange. Depuis le quai on aperçoit encore les lumières de la ville mais on se sent déjà extérieur, détachés. Adieu MOCKBA. On découvre avec excitation notre nouvel univers : l’espace réduit d’un wagon "platskart" (3ème classe). Les boxes non compartimentés sont composés de six couchettes placées sur deux niveaux (quatre face à face et deux sur le côté, dans le couloir) avec rangements (les russes ne voyagent pas vraiment léger !) et une tablette. La machine se met doucement en branle et c’est parti pour une longue traversée jusqu’à Irkoutsk. Vendeuse ambulante sur le quai Le long de cette célèbre voie ferrée le paysage défile lentement. Ce sont de grandes plaines nues et vertes, quelques villages aux maisons traditionnelles sibériennes tout en bois, d’étendues forêts de bouleaux et de pins maigres et de monotones steppes reculées. Les successifs arrêts (de 2 minutes à une heure) affichés à l’heure de Moscou, rythment nos journées. Pour conserver une certaine unité dans ce vaste état-continent qui compte neuf créneaux horaires différents, le train voyage à l’heure de la capitale. Chaque jour de voyage vers l’est l’écart avec l’heure locale se creuse donc un peu plus. C’est marrant mais du coup on est un peu paumés dans le temps. Ajouter à cela de très longues journées d’ensoleillement (de 4h du matin à environ minuit !) et une nuit sans totale obscurité pour parfaire notre décalage.

Lent défilé des paysages le long du transsibérien


Compartiment platskart à bord du transsibérien La vie à bord est des plus calmes. C’est d’ailleurs étrange d’avoir tant de temps libre pour discuter, bouquiner ou jouer aux cartes. Durant un si long voyage la notion du temps se modifie. On s’arrange un coin douillet qui devient provisoirement notre "chez soi" pour contempler le calme défilement des paysages dans un tangage continu. Nos tentatives de communication avec les russes (majoritaires en 3ème classe) et chinois sont assez drôles. Avec seulement quatre mots de vocabulaire nos échanges sont forcément chaotiques. L’activité favorite des autres passagers est sans conteste la sieste. Quelque soit Rituel du samovar l’heure du jour ou de la nuit une moitié de la rame est constamment endormie. La seconde occupation la plus appréciée semble être la nourriture. Manger est en effet une manière agréable de s’occuper. Partagé de tous, il y a aussi le rituel du samovar, sorte de bouilloire géante à disposition où chacun vient remplir sa tasse de thé ou de café et préparer ses nouilles lyophilisées. Avec l’absence de douche et d’aération fonctionnelle et l’important nombre de voyageurs  au mètre carré en 3ème classe, une tenace et prenante odeur s’empare vite de l’habitacle et l’embaume en permanence. C’est en remontant à bord, après une pause sur le quai, que l’on s’en aperçoit le mieux.  

Jolie gare ferroviaire d’Irkoutsk Après 5194 km parcourus en 86h17 et six fuseaux horaires traversés, on est heureux de quitter l’atmosphère confinée du train en descendant à la jolie gare ferroviaire d’Irkoutsk en Sibérie orientale. On loge au Baïkaler, auberge chaleureuse que l’on aura plaisir à retrouver entre chaque étape dans la région. Seul bémol, l’absence de plaques chauffantes dans la cuisine qui nous oblige à tenter la périlleuse expérience de la cuisson des pâtes au micro-ondes. Centre-ville d'Irkoutsk Etant la plus pratique et la plus proche ville du lac Baïkal, vanté comme étant la "perle de Sibérie", Irkoutsk est l’une des étapes les plus prisées du trajet transsibérien. Son centre-ville, agréable et animé, regroupant les édifices publics et de beaux bâtiments anciens, offre au voyageur toutes les facilités de la vie citadine : restaurants, pubs, auberges, magasins, agences…  Dans les vieux quartiers subsistent de nombreuses et ravissantes maisons en bois traditionnelles ornées de motifs sculptés et de fenêtre et volets travaillés. Ces bicoques en bois sont souvent toute de guingois. C’est marrant. Pour certaines on se demande juste comment elles tiennent encore debout.

Khoujir, village d'un autre siècle Pour une première excursion on décide d’aller s’exiler sur l’île d’Olkhone, isolée sur le lac Baïkal. Le voyage aller en bus local est assez pénible et devient franchement long une fois débarqués sur l’île. Le bus penche dangereusement, la route est devenue piste et le chauffeur s’arrête de plus en plus fréquemment pour resserrer les boulons des roues. Pas très rassurant ! A Khoujir, principale localité, la vie est d’un autre siècle. Les surprenantes dépouilles ferrailleuses de toutes sortes d’engins délaissés une fois hors d’usage (voitures, camions, machines agricoles …) prennent racine ça et là. Dans le même style on appréciera les charmes du mini port de Khoujir et de son cimetière de navires rouillés qui attendent sur le flanc. Sinon, zéro béton et zéro bitume. Dans ce bled paumé, finalement assez important, le bois est la seule matière pour la construction. Cela crée une atmosphère sereine et apaisante. De larges pistes poussiéreuses forment les rues de cet étrange village d’antan. On y trouve toujours deux ou trois vaches qui déambulent librement. Au-delà des habitations, une forêt d’épineux éparses s’étend sur les collines. Mais ici, la véritable vedette c’est le lac que l’on contemple depuis la côte accidentée. En face, de l’autre côté de la Maloe More (petite mer), la majestueuse silhouette des chaînes de montagne s’impose.

Superbe côte accidentée de l'île d'Olkhone


Dépouilles ferrailleuses à Khoujir Pour ces quelques jours insulaires on s’installe (comme beaucoup) chez Nikita, établissement majoritairement responsable du développement touristique du coin. C’est un complexe familial de type mini village, regroupant plusieurs maisons en bois. Notre chambre est très accueillante avec son petit salon et son intérieur en bois. Seul regret, l’absence de volets. La nuit étant courte (minuit à 4h00) et jamais d’un noir total, on a le sommeil perturbé. Surtout après la Réunion où il faisait nuit à 18h ! Ne pouvoir se caler sur la course du soleil nous apparaît encore plus dure que l’absence de saisons. Une fois n’est pas coutume, le séjour est en pension complète. C’est reposant de n’avoir pas à s’occuper des repas. Ainsi, on goûte aussi à plein de plats locaux dont diverses soupes et évidemment beaucoup de poisson du lac, tendre et délicat.

Excursion au nord de l'île d'Olkhone vers le cap Khobaï L’île d’Olkhone est plus grande que ce que l’on s’imaginait (72 km de long !) et pas vraiment facile à parcourir à pied. Autre solution, le vélo, mais le terrain sablonneux est sportif et le relief vallonné (la sortie VTT de Victor dans les bois l’a bien lessivé !).  On effectue donc l’inévitable tour organisé en jeep mini-van vers le nord. Sur les chemins de sable, ballottages garantis. Il ne fait pas très beau mais, une fois arrivés au cap et après un repas sous la pluie, le ciel se dégage pour nous laisser admirer la vue magnifique. Le bleu intense des eaux cristallines du lac s’étend à perte de vue. Mais c’est surtout la vision panoramique de l’île qui s’offre à nous depuis l’extrémité du cap Khobaï qui est à couper le souffle. Le relief et les falaises écorchées qui plongent dans l’eau tranquille sont eux aussi envoûtants.

A notre hébergement on découvre les joies de la bania, cousin lointain du sauna. De nos jours les russes consacrent encore beaucoup de temps à cette tradition. On commence par transpirer à mort dans une pièce en bois chauffée par une chaudière à bois. Pour des vertus nettoyantes, la coutume veut que l’on s’y fouette vigoureusement avec des branches de bouleaux. Avouons que l’on n’a pas vraiment testé cette partie. Dommage ! Une fois bien cuit on s’asperge ensuite d’eau glacée pour se rafraîchir. Saisissant et vraiment génial. Idéalement, l’opération est répétée plusieurs fois en deux heures. A coup sûr on ressort de là détendu et apaisé. Avec les températures négatives d’hiver ce doit être encore plus appréciable.

Vision brumeuse à Slioudianka, extrémité sud du lac Baïkal Notre autre point de chute dans la région du Baïkal sera Arshan, village reculé de la vaste vallée de la Tounka. Surplombé par les pics en dents de scie de la chaîne du Saïan il attire les amateurs de randonnée mais est surtout connu pour son village thermal au pied des monts boisés. Bon nombre de touristes sont donc des curistes russes. On y va en mini-van local. En chemin on passe par Sloudianka, à l’extrémité du lac Baïkal. Le temps est maussade et le ciel couvert mais la vue sur le commencement de cette  immensité liquide et ses berges brumeuses et montagneuses est splendide. A l’arrivée on est accueilli par des bonnes femmes qui nous proposent toutes, en russe évidemment, un logement. Le choix est assez arbitraire mais on fini par se retrouver dans un mignon bungalow en bois tenu par une adorable famille du village. Vie simple au village  d'ArshanLa vie y est simple. Pas d’eau courante, les WC sont un simple trou entouré de planches en bois, pas de cuisine à proprement parler et pas de douche chaude. Mais par contre chaque soir, au fond du jardin on revit les plaisirs de la bania.  Pour se nourrir on alterne entre les cantines soviétiques typiques où l’on choisit au petit bonheur la chance dans un menu incompréhensible et les tentatives de cuisine sur de petites plaques de camping avec les aliments incertains vendus à la boutique du coin. Pas toujours simple ! lol

Arshan, village montagnard de la vallée de la Tounka Ce bled à l’ambiance montagnarde est fort sympa. Encore une bonne escale. Hormis la route principale, point de goudron à l’horizon. Entre les maisons, les allées sont de simples chemins de terres où les arbres poussent comme bon leur semble et tout autour ce sont d’immenses forêts de sapins. Une fois encore les vaches flânent librement. Au détour d’une rue, dans un parc, près des maisons, dans les jardins, c’est marrant de les croiser un peu partout. Autre fait marquant dans le coin, la physionomie asiatique des habitants. En effet les Bouriates, peuple d’origine mongole, constituent le groupe ethnique le plus important de la région. Ce type de visage tranche nettement avec le style russe classique. Du coup, les autres touristes (russes) sont aussi vite repérés que nous et ça nous fait une transition pour la suite. Une courte promenade facile dans les bois nous mène à une série de rapides et de cascades.  Alors que tout allait pour le mieux, Céc tombe malade le dernier jour (le ventre retourné à cause de l’eau ? de la bouffe ?). Quel bonheur de passer la journée au lit quand il fait grand beau dehors et de traîner ça les jours suivants. Victor part donc seul gravir le pic qui domine Arshan. Cette raide ascension (en permanente compagnie d’énormes mouches qui piquent, absolument horrible !) de 1200 m à froid va d’ailleurs le marquer quelques jours. Avec une mécanique rouillée, dur dur les courbatures ! De là-haut la verte plaine s’étale à perte de vue.

Vue du pic surplombant Arshan


Moment détente avec nos colloc' du transsib' 2nde édition Après cette agréable pause sibérienne, retour à la gare d’Irkoutsk. Le soir venu on y retrouve le transsibérien qui se transformera en transmongolien  à Oulan Oude. Mais cette fois, attention, on voyage comme des rupins : en seconde classe ! On partage notre compartiment avec deux suisses (allemandes, dommage !). Une "collocation" assez cool. Au réveil le relief a évolué : davantage de courbes ça fait plaisir. Du côté russe de la frontière le train s’arrête 4h sans que rien ne se passe ni que l’on sache pourquoi. On est ensuite priés de remonter dans le train pour les formalités administratives. Ce sont les officiels qui viennent à nous. On craignait un problème quelconque (absence d’enregistrement du visa ou autre) mais à part deux heures d’attente dans des rames surchauffées par le soleil d’après-midi et l’absence totale d’explication, de sourire ou de chaleur humaine, tout se passe pour le mieux. Ce tas de ferraille se remet finalement en branle. On s’apprête à quitter la Russie. Encore 5 km et on sera au poste frontière mongol.

Meringues colorées de la folle basilique Basile-le-Bienheureux De la Russie on retiendra la classe et l’allure des femmes "urbaines", le charme de la basilique Basil-le-Bienheureux, la beauté des bulbes d’oignons des églises, les maisons traditionnelles en bois, les reflets du lac Baïkal et le tout sur fond d’un mythique trajet en transsibérien. On se souviendra également de la froideur parfois glaciale des russes, cette attitude générale réservée et stricte (même entre eux !). Il faut toujours réussir à briser la glace correctement avant d’espérer voir apparaître le moindre sourire. Ce qui est sûr c’est que l’on ne partage pas la même culture sur les relations humaines. Notons aussi qu’ils ont parfois la désagréable habitude d’être sans gêne. Enfin bref, dans l’ensemble on ne peut pas dire qu’ils soient vraiment accueillants. Mais on aura vraiment passé du bon temps dans ce pays qui n’était pourtant pas prévu initialement et c’est toujours un grand bonheur que de faire de nouvelles découvertes (positives ou non, il faut de tout pour faire un monde !). Tout ne peut pas être rose et c’est sûrement cela qui rend les choses intéressantes. Et maintenant à nous la Mongolie !

A bord du mythique transsibérien





Contact : lesptitsvadrouillards@gmail.com

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