Dernier billet

Cordillère Blanche

Et voilà ! Le grand voyage tant attendu a enfin commencé.

Le trajet aller s'est bien déroulé si on oublie le fait que nos bagages ont faillis s'arrêter à l'escale de Sao Paulo et nous ne pas pouvoir monter dans notre second vol pour Lima. A part ça tout baigne ! Nous voici donc projetés en une vingtaine d'heures de vol de l'autre côté de l'Atlantique, à quelques milliers de kilomètres de tous nos repères.

L'émotion est grande à l'arrivée ! L'immersion hispanique débute avec les premiers mots nécessaires à la négociation d'un taxi. Bien que les souvenirs des cours d'espagnol soient plus que flous et lointains, il faut trouver las palabras (les mots) pour se faire entender (conprendre). Comme on pouvait s'y attendre, la capitale péruvienne se révèle au prenier abord un poco grisâtre et maussade sous sa bruine hivernale (la garúa). Selon Herman Melville (auteur de Moby Dick), cette mégalopole regroupant 8,5 millions d'habitants (1/3 de la population) serait, on le cite : "la ville la plus triste de la Terre" ! Nous décidons de remettre à plus tard cette vérification et de prendre au plus vite la direction du nord. Cela se fera en bus, comme pour la majeure partie des déplacements au travers du pays.

Première compagnie, la royale "Cruz Del Sur" qui nous débarque après 8 heures de route à Huaraz, le Chamonix andin. Perchée à 3090 m, coincée entre les imposantes et superbes cordillères Blanche et Noire, cette cité qui offre peu de charne, possède un dynamisme étonnant, une grande activité dans les rues où une population cosmopolite se cotoie. Chacune des villes possède sa place d'armes et c'est sur celle de Huaraz que nous tombons nez à nez avec Jean-Marie (le fillot HMGien de Céc) et ses 2 compagnons de route : Sylvère et Laurent. Improbable rencontre qui nous fait bien plaisir !

Avant de rejoindre nos amis dans leur fief retranché de Caraz, nous faisons notre première rando jusqu'à la Laguna Churup (4550 m). Pour cette balade d'acclimatation, nous quittons la ville en collectivo : mini-bus local allant un peu partout (le tout étant de trouver le bon), très peu cher et toujours dispo. Etant proportionnels à la taille des péruviens, ces mini-bus s'avèrent être un moyen de locomotion étroit pour nos carrures européennes, mais cependant très plaisant ! Après 1200 m de dénivelé positif en 4 heures de marche, nous atteignons la laguna, une immense étendue d'eau bleue coincée entre les montagnes. Nous apercevons également quelques queñoales (arbres au tronc rouge et sans écorces, qui pèlent comme des oignons) sur ses rives et les vertigineuses pentes enneigées du Churup (sommet de 5495 m) : génial !

Le lendemain, direction Caraz en collectivo. Eh oui, les essayer c'est les adopter ! Nous découvrons une agréable bourgade elloignée du tumulte citadin et où les touristes se font rares. Pour parfaire notre acclimatation, nous optons pour une seconde rando à la journée, en compagnie de JM : la Laguna 69. Comme le précédent, ce la c se trouve dans le Parc National Huascaran. C'est une belle balade de 700 m de dénivelé. Cette laguna est perchée à 4600 m d'altitude, au pied du Chacraraju (6112 m). Petit détail technique : on a eu le droit à une pluie de grêlons à la montée, mais aussi la récompemse de pouvoir admirer sous un ciel dégagé à la descente tous les sommets alentours, qui nous laissent sans voix. A la descente, on a pu tester un nouveau mode de transport : l'âne !

Au niveau national, l'heure étant au paro (grêve), les deux journées suivantes sont plus calmes. En effet, en contestation à la privatisation de l'eau potable, ainsi qu'à la cession de concession sur des terres indiennes sacrées (si on a bien tout compris !), le paro se traduit pour nous par la paralysie des moyens de transport. Nous nous rabattons donc sur une location de VTT pour arpenter la campagne environnante où nous traversons notamment une pampa aride, puis de nombreux champs de fleurs (spécialité locale).

Une fois le paro retombé, nous nous mettons joyeusement en route pour un trek de 4 jours en autonomie dans le spectaculaire décors de la Cordillère Blanche. Malgré quelques frayeurs au départ (premier montage de tente sous la pluie), le temps redevient clément, nous permettant d'en profiter un max ! De longues étapes (environ 13 km) nous font grimper d'importants dénivelés, passer des cols à 4700 m et forcer sur nos jambes avant de pouvoir installer notre campement. Comme quoi, un tel cadre ça se mérite ! S'en suit une difficile nuit pour Céc (maladie et manque de sommeil) qui vient compliquer la fin du trek. Acharnement et motivation mutuelle nous permettront tout de même d'aller jusqu'au bout.


Comment décrire ce que nous avons vu ? Bon tâchons de résumer : on y a vu des lacs, des rivières, des cascades et des torrents, beaucoup de chevaux et de vaches semi-sauvages, des vallées et des pâturages, des hameaux aux chaumières ancestrales, le tout cerné de glaciers et montagnes de plus de 6000 m avec en vedettes, le Huascaran (la plus haute montagne du Péruo, culminant à 6768 m) et le Chacraraju (le sommet le plus coriace de cette cordillère), sans oublier l'Alpamayo (5947 m, élue plus belle montagne du monde), le Pisco (5752 m grimpés par nos 3 copains), le Huandoy (6395 m), le Chopicalqui (6354 m) ou encore l'Artesonraju (6025 m, fameux emblême de la Paramount).

Changeons de sujet à présent : parlons bien, parlons bouffe ! Nous avons testé pour vous :
- Desayuno (p'tit dèj') : dits "americanos", ceux que nous prenons habituellement se composent d'un bon café ou thé, d'un jus de fruits pressés, d'oeuf en omelette ou brouillés avec jambon, de pain, beurre (salé !) et confiture. Pas vraiment typique, mais trop bon. Les locaux préfèrent un lomo saltado (voir plus bas).
- Ceviche : plat de poisson cru macéré dans du jus de citron vert, servi avec des oignons crus, du piment et des patates douces.
- Papas a la huancaina : en guise d'entrée, pommes de terre recouvertes d'une sauce jaune à base de fromage frais et de piment jaune.
- Lomo saltado : petits bouts de viande (boeuf ou poulet) revenus à la poêle avec des oignons et des tomates, le tout accompagné de riz ou frites.
- Cuy : cochon d'Inde qui se mange entier ou coupé en deux (quel dommage, il manque alors la tête), la pauvre bête se retrouve complétement écrasée, à plat ventre dans l'assiette, à cotoyer quelques frites et une feuille de salade.
- Tallarin : sorte de spaghettis plates.
- 1/8, 1/4 ou 1/2 pollo : plus classique le huitième, le quart ou carrément le demi poulet (Victor l'a fait !).
- Hellado (glace) : petite dédicace à un super parfum, lucma (fruit d'ici sans traduction possible).
- Cerveza : assez classique, à part la Cusqueña Negra, une brune au goût original (réglisse ?).
- Pisco : alcool fort local au bon pti goût, avec lequel on fait un délicieux cocktail : le Pisco Sour (on garde la recette secrète ! hi hi hi !).

Hormis la bouffe, il y a aussi des gens ! A part les gamins des campagnes qui passent leur temps à réclamer des caramelos, les péruviens se révèlent accueillants et chaleureux et surtout d'un contact facile. En effet, d'ordinaire on échange facilement quelques mots avec chaque personne que l'on croise. Nous avons aussi rencontré de sympathiques personnages comme Maria et ses desayunos, Suzanna et Carmen dans leurs échopes au marché, Falco le jeune guide de montagne et Oscar, directeur de l'Office du Tourisme de Caraz, grimpeur et ancien guide très sympa.

Après cet agréable séjour aux alentours de Caraz, de nouvelles aventures nous attendent. Direction Cuzco via Lima, où nous retrouverons Stèph (soeur de Céc) et son copain Guigui pour quelques temps. Deux journées de bus nous seront nécessaires pour rallier la capitale de l'empire Inca. 

Contact : lesptitsvadrouillards@gmail.com

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