Dernier billet

Cusco et la Vallée Sacrée

C'est un peu fatigués et engourdis par plus de 21 heures de bus que nous débarquons, sacs au dos, à Cusco, la "Rome des Incas" située à 3400 m au-dessus des surfeurs de la côte. Pour se remettre de nos émotions nous avalons de délicieux empanadas au "Cafe de Mama Oli" où la patronne nous parle français et où nous feuilletons quelques Titeuf au passage. En chemin pour la place d'armes, point de rendez-vous avec Stèph et Guigui, nous apercevons une ville bien charmante que nous découvrirons plus tard. Nous fêtons nos retrouvailles autour de supers cocktails et préparons rapidement les détails pratiques de notre expédition vers l'incontournable Machu Picchu.

Depuis quelques années, si on additionne les trajets en train, le ticket d'entrée et le bus pour monter au site, la visite peut coûter cher (environ 150 US$/p). Nous avons cependant réussi à trouver un bon compromis en adoptant l'organisation suivante : bus local (collectivo) jusqu'à Ollantaytambo (5 Soles/p - 2h) où nous attrapons le dernier train pour Agua Calientes. Nous y passons la nuit dans une chouette auberge aux allures de cabane de Robinson (merci à Stèph et Guigui pour la résa ! ;-p). Le repos est de courte durée : à 4h le réveil sonne et nous partons à pied pour arriver avant l'ouverture et les premiers bus de touristes. Nous espérons ainsi réserver une place pour le Wayna Picchu (limitées à 400/j), la fameuse grosse montagne en arrière plan du site.

C'est à moitié endormis que nous entamons l'ascension. Un escalier (ça avec les Incas on s'en serait douté !) trace presque tout droit à travers la montagne, coupant la route des bus et ses 13 lacets. L'ambiance qui règne est unique : quelques frontales scintillent dans la nuit noire, chacun est concentré sur son effort, l'atmosphère est humide et l'environnement que nous devinons autour de nous ressemble à une forêt vierge (surprenant comparé aux sèches et arides étendues dont nous a habitué le Pérou). Après 1h de cette curieuse marche, et 450 m de dénivelé, nous arrivons dans les premiers devant les guichets encore fermés.

Quand à 6h le soleil pointe à l'horizon, l'atmosphère est voilée et une brume épaisse nous enveloppe. Conclusion : les portes s'ouvrent enfin mais on ne voit rien. On pénètre sur le site en quête du Wayna Picchu pour lequel tout le monde se presse pour réserver sa place. Mais où est-il caché ? Le brouillard nous trompe et on se perd dans les ruines de la cité. Lorsque nous le trouvons enfin, la queue est déjà longue. - Un peu stressant tout de même ce Machu ! Queue matinale pour réservation des billets de train, rando nocturne, nombre de places limité,... - Notre billet pour le Wayna en main, nous respirons enfin ! Le temps voilé ne dure pas et, presque timidement, le site nous dévoile enfin sa splendeur. Spectaculaire autant par l'importance des constructions que par l'incroyable beauté du lieu, cette cité haut perchée n'a rien perdu de son mystère malgré la foule de touristes qui l'arpente. Le milieu naturel est incroyable ! Postés sur la pointe verdoyante de cette montagne, nous appercevons, quelques centaines de mètres en contrebas, la rivière Urubamba qui nous encercle de l'un de ses méandres. Alentour les montagnes remontent abruptes et couvertes de forêt vierge.
C'est ensuite l'ascension du Wayna Picchu. Génial ! Un improbable escalier permet de s'élever rapidement sur ce doigt de forêt. Il ne faut pas avoir peur du vide car il est omniprésent. Cette rando verticale débouche sur une vue vertigineuse.
Malgré la forte pression touristique, tout cela vaut bien le détour !

Petite anecdote Inca : les premiers lamas à avoir été introduits au Machu sont morts de faim. L'herbe était tellement tendre que leurs dents se sont déchaussées. Seuls les lamas "mutants" ont donc survécus ! LOL

Après cette très bonne mais fatiguante journée nous redescendons vers Agua Calientes où nous allons nous détendre, la bière à la main, dans les eaux chaudes et sulfureuses de ses sources. Hormis cela, la ville, qui s'est entièrement bâtie depuis et autour de l'exploitation touristique du Machu, n'offre aucun intérêt particulier. C'est donc sans regret que nous la quittons. Arrivés à Ollantaytambo, nous disons au revoir à Stèph et Guigui qui s'en vont vers Puno.

Ayant la chance d'avoir plus de temps qu'eux, nous décidons de profiter un peu du coin avant de retourner à Cusco. Nous sommes donc allés visiter les Salineras de Maras. Superbe ! Le spectacle de ces quelques 4000 bassins façonnés en pleine cordillère des Andes pour la production de sel est vraiment époustouflant : ensemble de terrasses blanches sur fond de montagnes rouges ! On arrive à en savoir un peu plus en baragouinant avec une femme occupée à recueillir du sel.

Nous passons la journée suivante à arpenter les rues de Cusco en suivant un circuit intéressant qui nous fait passer par les lieux incontournables de la ville, ainsi que par des quartiers moins fréquentés aux ambiances variées et de sympathiques petites rues. Le midi nous découvrons le Bembos (MacDo local). Evidemment on est un peu perdus pour la commande mais ce qui nous arrive nous plait bien, même s'il ne faut pas regarder de trop près la tête du supposé steak haché ! lol Nous faisons également un tour du côté du Christ Blanc qui, surplombant la ville, bénéficie d'une vue surprenante sur ce tapis de toits de tuiles. Il y a des villes où l'on ne fait que passer et d'autres où l'on aime à y séjourner. Cusco est de celles-ci. Elle est aujourd'hui une superbe ville colloniale. Le centre de la cité se compose essentiellement de belles maisons espagnoles aux balcons de bois sculptés, alignées le long de ruelles étroites et de places soignées aux gros pavés luisants.

Apprenant qu'une nouvelle journée de paro (grève) se prépare, nous décidons, pour y échapper, de partir faire une rando de 2 jours sur les balcons de la Vallée Sacrée. Après la pression touristique, sa foule, sa cohue et les sollicitations de toutes parts rencontrées dans la région du Machu, cette balade hors des sentiers battus, dans la campagne reculée de la Vallée Sacrée, est un bol d'air très appréciable où nous sommes les seuls touristes. Le premier soir nous arrivons à Patabamba en même temps que les différents troupeaux (moutons, ânes, lamas et alpagas) menés par les enfants du village.

Les flèches bleues que nous suivons depuis le début nous mènent jusqu'à la très belle maison familiale de Mamerto. Ce gars a eu la brillante idée de donner un coup de neuf à sa maison pour donner envie aux gens de s'y arrêter pour la nuit. Voyant cela, et séduit par l'initiative, Vincent Geus (auteur de notre livre de randos) décide de s'arrêter quelque temps chez eux pour leur filer un coup de main. Il écrira ensuite cette balade dans son guide. C'est marrant de marcher sur ses pas ! Depuis 6 ans, Mamerto et sa famille ont ainsi réussi à développer du tourisme dans leur habitat en accueillant près de 40 randonneurs. La manoeuvre prend donc doucement mais sûrement.

Avant de passer à table nous discutons un bon moment avec Mamerto. Nous initions également la famille à notre jeu favori : le Ligretto. Au total ils sont 5 enfants. C'est pas évident de leur apprendre les règles, d'autant plus qu'on sent qu'ils n'ont pas l'habitude de jouer. Finalement ça marche et les gamins s'amusent bien. Le père lui a plus de mal et prend un malin plaisir à tricher ouvertement ! lol Bref on passe un bon moment. On mange ensuite tous ensemble autour d'une petite table dans une pièce en terre équipée d'un four rustique (lui aussi en terre). Mamerto est très fier de nous apprendre que tout ce qui nous est servi est naturel et produit par sa famille. En plus c'est très bon !

Avant de poursuivre notre route le lendemain, nous leur demandons le programme de leur journée : le père ira couper du blé, le grand fils (8 ans ?) emmènera paître les moutons et la grande soeur (16 ans ?) les vaches, alors que la mère restera à la maison pour confectionner de l'artisanat avec les autres. Normalement les enfants vont à l'école mais là c'est les vacances (2 semaines) ! Le Pérou est d'ailleurs fier de ne compter que 7% d'analphabètes. Les cours sont obligatoires et ressemblent aux notres : maths, histoire et géo, espagnol et quechua. Ils ont lieu de 7/8h à 13h, permettant ainsi aux jeunes d'aider leurs parents durant l'après-midi.

Comme on nous l'avait annoncé, la seconde journée est encore mieux. Un soleil généreux illumine de superbes paysages. On croise un vieux village inca tout rouge, comme la terre qui nous entoure. On passe ensuite dans un magnifique canyon très sauvage avant d'entamer une longue descente jusqu'à Lamay que l'on apperçoit au loin dans la vallée. Nous faisons cette descente en compagnie d'un petit garçon haut comme 3 pommes avec qui Victor s'amuse à dévaler la pente en courant.

Malgré le paro, nous arrivons à grimper dans un collectivo plein à craquer pour rejoindre Pisac, où nous passerons une journée. Au programme : découverte du "Lama Bleu" et de ses "All you can eat pancakes" (le meilleur resto du Pérou selon Céc) et visite du site archéologique inca qui surplombe le village.

Nous passons ensuite 2 journées à Cusco à nous reposer et nous balader tranquilou (pépouz comme dirait JM ! lol). L'heure de massage que nous nous sommes offert fut un délicieux moment : mémorable et à impérativement renouveler ! Nous sommes ainsi prêts à poursuivre notre route vers le sud en direction de Puno, sur les rives du lac Titicaca.

Contact : lesptitsvadrouillards@gmail.com

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