Dernier billet

Lac Titicaca et Bolivie

Direction l’Altiplano, Puno sera notre dernière étape avant la Bolivie. Située à 4000 m au bord du Lac Titicaca le fond de l’air y est frais (surtout le soir). Il s’agit d’une bonne ville dynamique sans autre charme particulier que sa baie, où le béton est roi anarchique de la construction. Peu de charme donc pour cette cité portuaire, mais on y aura quand même passé un bon moment. Entre autre, un grand merci aux super fenêtres de notre hôtel (vue splendide sur la ville et la baie) qui nous ont permis d’admirer un feu d’artifice depuis notre lit. La classe !

Première étape, le lac Titicaca et son île Taquile. La traversée un peu longue (3h30) en bateau collectif vaut à elle seule le détour. Avec des sacs et baluchons qui jonchent le sol, les femmes s’abritant sous leurs grands tissus noirs à pompons multicolores, les hommes tricotant des bonnets,… On se croirait sur un bateau de réfugiés pour une traversée remplie d’espoir. Le plus drôle reste quand même que le circuit de refroidissement remplissant la cale, les hommes d’équipage doivent pomper (pompe manuelle bien sûr) durant tout le trajet.

Nous débarquons le premier jour d’une fête locale. Tous les habitants sont en tenue traditionnelle et font des danses bizarres sur la place centrale du village. L’île est vraiment chouette. En y restant une nuit on a vraiment le temps d’en faire le tour. Sur une plage isolée, Céc fait des châteaux de sable avec des petits en train de jouer au cerf-volant (made yourself ?!). Du point culminant de l’île on a une vue superbe. De l’eau de toute part, l’île qui s’étire vers le sud en arborant fièrement ses terrasses et sa voisine l’île Amantani toute proche. En revanche nous avons été très déçus par la population locale pourrie par le tourisme de masse. Chaque touriste n’est qu’un porte-monnaie ambulant qui débarque le plus souvent pour quelques heures seulement. Même en faisant le tour de l’île, impossible de dénicher un seul endroit y ayant échappé. L’accueil est froid et le service se fait à la chaîne dans les restos. Menu et prix uniques sur toute l’île. La nuit que nous espérions passer chez l’habitant est beaucoup moins réussie que dans la Vallée Sacrée. Ici pas de repas convivial en famille, d’accueil chaleureux ou d’échange réel. On a quand même le droit à une jolie vue sur le lac et les étoiles, éclairés aux bougies. Bref, l’île Taquile est très jolie mais nous sommes heureux de la quitter tellement les gens nous ont énervés ici. Dommage…


On est aussi allés voir le site de Sillustani. On a un peu galéré pour s’y rendre mais ça en valait bien le coup. Cette presqu’île s’avançant dans un magnifique lac était réservée à un petit nombre d’initiés incas qui choisissaient ce lieu pour se « rapprocher » du ciel. D’importantes tombes se dressent ça et là, dont le tombeau du lézard. Au sommet de cette colline, paix de l’esprit et sérénité sont au rendez-vous : un lac tranquille, une île majestueuse, quelques barques de pêcheurs et au loin des sommets enneigés. Un endroit de toute beauté.

 

Et voilà ! Deux nouveaux tampons pour notre cher passeport : un pour sortir du Pérou, un autre pour entrer en Bolivie, deuxième pays de notre tour du monde. Yeah !

 

N’étant pas vraiment fans des grandes villes, on redoutait un peu de passer du temps à la capitale. Lima, par exemple, ne nous a pas vraiment touchée. Mais là, très bonne surprise avec La Paz ! Déjà par sa situation géographique originale (la ville se trouve dans une sorte de canyon/cuvette creusée dans un immense plateau, entourée de hautes montagnes), mais aussi et surtout par l’ambiance qui y règne, la ville est bien chouette. Il y a du monde partout (des locaux), de l’animation en continue, de la vie et presque pas de touristes, des collectivos à chaque coin de rue, avec l’assistant du chauffeur qui cri le nom des destinations, des échoppes spécialisées dans tous les coins, des femmes qui vendent de belles roses devant l’église San Francisco, des vieilles pas sympas pour un sou qui proposent de bons petits pains à la française, des gens qui cuisinent dans la rue et du coup d’autres qui s’assoient à côté pour un dîner rapide,… Bref, super ambiance.


Le premier jour nous allons visiter un site archéologique réputé : Tiwanaku. On est plutôt déçus. Le site consiste en quelques pierres encore debouts, un joli mur, un temple semi-souterrain avec des visages en pierre et quelques monolites (blocs représentant des bonhommes avec les bras repliés, on dirait qu’ils tiennent une glace et une bière).

On s’est ensuite "enfuis" de toute cette agitation pour 2 jours de marche... au Chili ! Dans le parc national Lauca, la rando nous ballade au pied d'un volcan superbe, le Parinacota (un peu dans le genre du Kilimandjaro, mais avec de la neige dessus), pour s’achever sur les rives de la magnifique laguna Chungara. C’était vraiment très sauvage. Du coup on n’a pas croisé grand monde mais on a pu admirer pleins d’animaux partout : viscaches (sorte de lapins avec une queue d'écureuil), vigognes (croisement entre lama et biche, super gracieux !), alpagas, lamas et même un petit renard. D'où encore pleins de nouveaux tampons dans notre passeport (un pour sortir de Bolivie, un pour entrer au Chili et le lendemain rebelotte mais dans l’autre sens). C'est sûr que celui-là on va l'avoir "perdu" lorsqu'il arrivera à la date limite...

Comme on sait qu'il peut faire bien froid sur l'Altiplano en hiver, on a fait une folie avant de partir. On s'est offert des petites polaires North Face… à prix bolivien bien sur ! lol Et c'était un achat très bien vu car effectivement il a fait très froid pour cette nuit sous tente... Gla gla... En revenant on est vite allés s'acheter des grosses chaussettes en alpaga pour être encore plus équipés pour la prochaine étape, le Salar d'Uyuni. Avant le départ on se fait un petit plaisir : resto gastronomique à la française pour fêter notre premier mois de voyage. Le service était impec, le lieu super sympa et la nourriture délicieuse !!!! Bref on ne regrette pas de s’être payer du luxe comme disent les québécois !


Nous partons ensuite en bus (original !) direction le sud. Après 13h30 de voyage et une nuit glaciale dans un confort discutable nous débarquons à l’aube dans la « charmante » ville fantôme d’Uyuni aux allures de Far West. Comme tout le monde, on se met en quête d’une agence pour aller au Salar et dans le sud Lipez. Etant impossible de s’y rendre par ses propres moyens nous allons donc faire notre premier truc organisé.


Nous partageons le 4
x4 avec un couple d’espagnols (catalans !) et deux copines japonaises et débutons ce périple par le cimetière de trains et ses carcasses rouillées. Primo, notre chauffeur, est sympa. Il nous conduit ensuite au cœur du fameux Salar d’Uyuni, le plus grand désert de sel au monde. C’est vraiment un paysage unique et incroyable, d’une planéité incroyable et n’offrant au regard qu’une infini blancheur à perte de vue. Seul petit bémol les traces noires des pneus des 4x4 qui gâchent un peu cette pureté inédite. On s’arrête (comme tout le monde !) sur l’île Inca Huasi, colline émergeant du salar de manière improbable et couverte de cactus géants. Avec les effets de profondeurs que crée cet océan de blancheur on s’amuse évidemment à faire les fameuses photos trompe l’œil : Cécilia qui grimpe sur le Toblerone, Victorien qui dort sur le Routard…

 

Les deux journées suivantes nous traversons les paysages désertiques et lunaires du sud Lipez. Les vallées « martiennes » sont entrecoupées de fabuleux lacs de toutes les couleurs (blanc, rouge, vert). Sur l’un d’eux une immense colonie de flamants roses paresse en piaillant. Nous passons la nuit au coeur de la réserve de faune andine "Eduardo Avaroa" au bord de la « Laguna Colorada » et de ses eaux rouges. Le dernier jour, réveil aux aurores (bien avant les premiers rayons) pour admirer de bruyants geysers et une grosse marmite de souffre bouillonnante. C’est ensuite avec grand bonheur que nous plongeons dans les eaux chaudes (38°C, rien que ça, pour à peine 0°C dehors !) des termes Poques pour admirer le lever du soleil. Direction ensuite la frontière où nous quittons notre groupe pour rallier San Pedro de Atacama au Chili avant de remonter au Pérou. Au prochain épisode : Arequipa la ville blanche.

 

 

 

Contact : lesptitsvadrouillards@gmail.com

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