Dernier billet

La Californie

Après 7 semaines de vadrouille au pays des Incas, nous nous sommes envolés vers de nouveaux horizons et la découverte de l'Ouest américain. Débarquage nocturne à San Francisco. Nous découvrons aussitôt la réalité des villes américaines. Les auberges et hôtels de routard sont peu nombreux, pris d'assaut, assez chers (même en dormant en dortoir de 30 !) et les réservations compliquées mais fortement recommandées. Oups. Au revoir les simplicités péruviennes. Les premiers jours nous nous familiarisons avec ce genre de petits détails et toutes les habitudes locales auxquelles nous devrons nous accoutumer. Nous établissons notre camp de base en plein Chinatown. Folle ambiance : une véritable ville au milieu de la ville où tout est écrit en chinois et environ 400 000 bridés (rien que ca !) vivent exclusivement entre eux.


San Francisco est une ville fort agréable où il fait bon vivre si on en oublie son ciel souvent gris. Facile à parcourir avec ses nombreux transports en commun (dont le fameux cable-car, tramway à l'ancienne), verte et fleurie, fortement vallonnée (nombreuses collines), cette ville à taille humaine fait bande à part dans l'environnement ricain. Différentes ambiances au grès des quartiers : Downtown, le quartier chic, ses buildings, ses gratte-ciel et ses grands magasins articulés autour d'Union Square ; de nombreux parcs dont le gigantesque Golden Gate Park (plus grand que Central Park !), immensité de végétation au coeur de la ville ; Dolores Park dans le quartier gay de Mission (si on vous dit place Harvey Milk, ça ne vous rappelle pas un film ?) ; ou encore Little Italy et tous ses restos,... On ne peut parler de Frisco sans évoquer également l'Océan Pacifique qui borde la ville sur 3 côtés. C'est en tandem que nous avons longé la côte en traversant Presidio, Fisherman's Wharf et ses lions de mer étalés par centaines dans le port (on se demande bien ce qu'ils font là d'ailleurs !), Alcatraz au milieu de la baie et bien entendu l'impressionnant Golden Gate Bridge, tout rouge et long de 2 km. On est heureux de pouvoir s'échapper un peu de la ville et prendre le grand air en tandem. C'est le pied !

Ville agréable et très intéressante que l'on a bien appréciée. Mais les jours passés à San Francisco furent aussi ponctués de quelques formalités un peu agaçantes qu'il nous a fallu essuyer pour parvenir à louer une voiture (incontournable pour arpenter les grands espaces de l'Ouest). Notre demande n'étant pas très habituelle, cela n'a pas été une mince affaire. Location longue durée (10 semaines tout de même) et restitution dans un autre état. Mais la mauvaise surprise c'est que le permis international ne vaut rien ici et qu'ils exigent le permis national pour toute location. Heureusement on a pu s'arranger avec l'ambassade pour avoir un beau tampon sur nos photocopies de permis. Cela a suffit, ouf ! Ces sésames indispensables nous permettent de récupérer une Focus rouge nouvelle génération flambant neuve. Le road-trip peut démarrer !

Pour commencer nous mettons le cap sur Yosemite au plein coeur de la Sierra Nevada. Ce National Park couvre des hectares de forêts. En arrivant nous sommes obligés d'effectuer un grand détour car l'entrée Ouest est fermée pour cause d'incendie. Au centre du parc se trouve la belle vallée Yosemite, caractérisée par des flans hauts et abruptes et un fond plat où coule la Merced River (dans laquelle nous nous lavons car les douches sont trop chères ! lol). Nous ne sommes pas déçus, cet endroit est magnifique ! De Tunnel View (super point de vue) le tableau de cette sauvage mais très accueillante vallée s'étend sous nos yeux ébahis : une marée de pins englouti la moindre trace humaine sous ses hautes cimes, des cascades pointent au loin, l'imposante face rocheuse d'El Capitan et ses longues voies d'escalade dans lesquelles des grimpeurs passent plusieurs jours (avec nuits en portaledge !) et au fond le Half Dome, symbole du parc.


Nous dormons au Camp 4, repère de grimpeurs et site de bloc où nous faisons quelques pas d'essais avec nos chaussons, fraichement débarqués par colis postal, histoire de se dérouiller un peu. Les campings américains sont différents des nôtres : beaucoup plus grands, avec un barbecue, une table et des bancs à chaque emplacement et souvent situés en pleine nature. Toujours la grande classe pour le cadre, mais confort rustique (pas de douches et parfois même pas d'eau). Ici au milieu des arbres, de partout les écureuils viennent jusqu'à vos pieds pour quémander de la nourriture. On a même vu quelques cerfs avec leurs beaux bois dressés sur la tête. Les alentours sont aussi truffés d'ours noirs en quête de quelque chose à se mettre sous la dent. Il faut donc mettre dans de grosses boites en fer prévues pour, et que l'on appellera "boites à ours", toute la nourriture ainsi que tout ce qui sent bon (gel douche, shampoing, dentifrice, anti-moustique, crème solaire,...) car ce sont des animaux très curieux. Et surtout ne rien laisser dans les voitures, ils arrachent les portes avec une étonnante facilité. Du coup, Céc est moyen rassurée quand il s'agit de se lever en pleine nuit pour assouvir une envie pressante.

Nous passons ensuite par le Sequoia National Park (NP). C'est un peu moins fou que Yosemite, mais cela reste de la belle et sauvage nature. Ce parc regroupe d'imposants sommets granitiques, des rivières et des forêts d'arbres millénaires et notamment le séquoia géant. Mais quand on dit "géant", ça veut dire GEANT ! Jusqu'à près de 100 m de hauteur (on vous laisse imaginer la taille du tronc) ! On se sent comme des fourmis au pied de ses monstres d'écorce. Nous saluons au passage le célèbre General Sherman (2500 ans), au tronc de 31 m de circonférence, ce qui en fait l'être vivant le plus imposant au monde !

Pour notre prochaine étape on s'arme de courage et surtout de beaucoup d'eau. Direction la Vallée de la Mort ! C'est un endroit étrange, surprenant et quelque peu inquiétant perdu au milieu d'immenses déserts arides et rocailleux. Le paysage est surréaliste tout comme la chaleur, terrible et étouffante. La température la plus élevée que nous relevons sera de 117°F, soit 47,2°C. Là on peut dire qu'il faisait "chaud sa mère" ! La nuit il fait toujours plus de 35°C. Dur dur de dormir sous la tente. Les paysages à la fois grandioses et lunaires offrent le spectacle d'une région brulée par le soleil mais d'une relative diversité. Ainsi, à un endroit il y a des dunes de sable. On se croirait au milieu du Sahara. On découvre ensuite le célèbre point de vue de Zabriskie Point. La terre prend des nuances orange, rouge, ocre, jaune, brun... dans des replis montagneux qui forment ce si beau panorama. On poursuit et prend de la hauteur jusqu'à Dante's View. Là-haut toute l'effrayante beauté de la Death Valley s'étale devant nous. Nous concluons notre exploration par Badwater, une étendue de sel située à 86 m au-dessous du niveau de la mer. A chaque fois que l'on s'arrête, il ne faut pas plus d'une minute pour que, éloignés de la douce climatisation, cela devienne déjà insupportable ! En passant devant l'ancienne exploitation de borax (minerai qui fit la richesse de la région), on se demande bien comment pouvaient faire tous ces gars pour travailler ici en plein cagnard ! Avec l'environnement aseptisé et sécuritaire que l'on connait maintenant on a du mal à imaginer ce qu'ont du endurer les premières personnes passées par là. Ces gens sont morts de soif, de chaleur ou d'épuisement pour avoir seulement traversé cette vallée par erreur, alors qu'on y construit aujourd'hui hôtels de luxe et golf. Impossible donc de ne pas être impressionné par cet incontournable site de l'Ouest américain.


Aux US les choses n'ont pas du tout la même dimension que chez nous. On change complètement de référentiel. Les espaces sont vastes et toutes les structures très étalées. Les villes par exemple s'étendent énormément avec peu d'immeubles, hormis les gratte-ciel des Downtown (centre-ville économique genre La Défense). La moindre chose à faire devient très vite un calvaire pour un piéton. Tout est organisé autour de l'automobile. Le moindre shop ou site quelconque possède son accès voiture et un grand parking. Nous sommes donc bien contents de notre petite Focus (voire minuscule comparée aux monstres de 4x4 qu'ils ont tous). C'est un peu la maison sur roues des saltimbanques que nous sommes. Par contre question plaisir de conduite, c'est pas vraiment ça, à commencer par cette satanée boite automatique et la disparition de notre cher embrayage. Les limitations de vitesse sont fortes malgré les larges voies rectilignes et la monotonie des trajets. Ce qui fait que les distances ne se comptent plus en miles mais en heures. Sinon, il y a aussi quelques petites règles de conduite qui diffèrent. On peut par exemple, à une intersection, tourner à droite au feu rouge si la voie est libre. Super ! Les feux tricolores d'ailleurs sont situés après le carrefour et non avant comme chez nous. Même si ici les voitures sont gourmandes en carburant, le prix de l'essence étant beaucoup moins élevé que chez nous (près de la moitié) cela reste intéressant. Ce mode de déplacement, ici incontournable, reste le moyen le mieux adapté pour arpenter en toute autonomie ces vastes contrées.

Après les étendues désertiques, nous changeons d'ambiance et retournons à la civilisation. Direction L.A., Los Angeles. Cette ville est tout simplement GIGANTESQUE ! Après quelques misères pour trouver un hébergement, on fini par dégoter une chouette auberge dans West Hollywood (WeHo pour les intimes !). Nos quelques jours ici nous permettent de découvrir des quartiers aussi célèbres qu'Hollywood, Beverly Hills, Mulholland Drive ou encore Venice Beach. On se laisse emporter par l'animation d'Hollywood Boulevard, son fameux Walk of Fame, les passants aux yeux grands ouverts, les gens déguisés en personnages célèbres, les nombreuses boutiques et les empreintes (de mains, de pieds, d'accessoires) des stars (Clintyyy, Marylin Monroe, R2D2 et tant d'autres !). On poursuit sur le thème hollywoodien en arpentant les collines de Beverly Hills, offrant une jolie vue sur la ville. Nous ne croisons évidemment aucune des célébrités censées habiter ces superbes demeures, mais peu importe le coin à lui seul vaut le détour. On change ensuite d'ambiance en allant se perdre au milieu des gratte-ciel de Downtown. Là pas grand chose à voir si ce n'est le MoCA (Museum of Contemporary Art) où nous restons parfois interdits devant certaines oeuvres un peu trop originales à notre gout. Les tableaux de Rothko et les photos de Robert Frank par contre plaisent toujours autant à  Cécilia (merci Isabelle !). C'est ensuite depuis le Griffith Park que nous verrons le soleil se coucher sur les fameuses lettres blanches "HOLLYWOOD". C'est ça l'Amérique ! A Venice, on se balade sur de chouettes canaux (d'ou son nom), le long de la bohème Abbot Kinney Road, puis sur la plage. Là on s'éclate dans d'é-nor-mes vagues ! Le pied. Eh oui, c'est ça L.A., la cité des anges regorge de ces lieux aux noms mythiques, comme encore Melrose Place, Santa Monica, Malibu,...


Impossible de quitter cette ville sans une dernière visite incontournable : un studio de cinéma. Et autant dire qu'ici il y a le choix. Mais tant pis pour Universal, Warner Bros ou Sony Pictures, notre choix se porte sur la Paramount, véritable ville dans la ville. On découvre ainsi des décors de rues totalement fictives, pouvant représenter n'importe quelle grande ville américaine : New-York pour "Spiderman", Boston pour "Mystic River" et villes inconnues pour "Vanilla Sky" et "Mr & Mrs Smith". Au détour d'une rue on croise un groupe de médecins et infirmières faisant une pause dans le tournage d'une série médicale (eh non ce n'était ni "Urgences" ni "Dr House"). Improbable rencontre. Mais le plus surprenant reste quand même le parking extérieur qui peut se transformer en gigantesque bassin (24h de remplissage) pour les scènes sur lac, océan ou mer. Dur à imaginer. Y ont été tournées des scènes de "Truman Show" et "Benjamin Button". Cette visite nous permet d'appréhender les difficultés des métiers d'acteur et surtout de réalisateur (quel bazar pour tourner la moindre petite scène !).

Voila, fin de l'aperçu de ce mythe américain qu'est la Californie. A suivre : la ville du péché (Sin City), la mégalomane Las Vegas.

Contact : lesptitsvadrouillards@gmail.com

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