Dernier billet

L'ouest canadien

Avec l'ambiance lunaire et brumeuse de Yellowstone, l'étape US touche à sa fin. Une longue journée de route à travers les immenses régions désertiques du Montana nous est nécessaire pour atteindre la frontière du voisin canadien. Une longue journée à parcourir un total no man's land sur des centaines de miles. Et franchement, être entouré d'un tel walou aérien pendant si longtemps, même pas un petit Mac Do (on avait fini par s'habituer, lol),  c'est un peu flippant ! A la douane nous sommes accueillis par un québécois à l'accent incompréhensible ! Avec un étranger tu as toujours la pratique excuse de la barrière de la langue. Mais là c'est un peu plus délicat d'avouer que tu ne comprends rien. En effet, la personne est censée parler ta langue et donc, toi le comprendre. Enfin, heureusement que tous les québécois n'ont pas un tel accent.

Nous débarquons à Banff tard dans la soirée. Au matin nous découvrons, sous la brume, un paysage montagnard proche de celui que l'on connaît. Tournée vers le tourisme, cette petite ville est une destination privilégiée des Rocheuses, aimée et appréciée pour ses pistes de ski mais aussi pour ses sources d'eaux chaudes. Malgré l'absence de neige sur les pistes et l'entre-saison automnale, les rues demeurent bien fréquentées. Un après-midi, on grimpe à pied en haut de la Sulfur Montain. Il s'agit en fait de LA ballade de la ville, au même titre que notre bonne vieille Bastille, où l'on peut aussi monter en gondola (l'équivalent de nos oeufs). De là-haut, chouette vue sur les montagnes environnantes.

Nous migrons ensuite, non loin de là, vers le lac Louise, merveille très réputée de la région. Au bord de ce splendide lac de montagne se dresse, énorme et fier, l'hôtel de luxe "Le Château" qui porte bien son nom. Cet impressionnant édifice, très classe et ancien, est, comme celui de Banff et de nombreux autres dans les Rocheuses, la propriété du Canadian Pacific, société à l'origine du premier chemin de fer transcontinental du pays. Ce train fut longtemps le seul moyen de pénétrer ces zones montagnardes reculées. Cela devait être vraiment impressionnant d'être l'un des premiers passagers traversant ces contrées sauvages et isolées. C'est également cette compagnie qui, à partir du début du 20eme siècle, fit venir de Suisse des guides de haute montagne pour aider au développement du milieu montagnard (construction des premiers refuges et de nombreux chemins, formations des premiers guides canadiens et développement du tourisme lié à la montagne). Étant donnée la saison nous ne sommes pas trop gênés par la pression touristique et profitons des lieux presque seuls. La couleur bleu-vert du lac est vraiment sublime. Les chemins étant couverts de neige et de glace, la progression est lente. Nous poussons jusqu'à la blanche Plaine des Six Glaciers. L'ambiance est là, calme et sereine. Le temps menaçant et les nuages sombres donnent encore plus de prestance aux impressionnants glaciers qui nous entourent. On se sent tout petit. Magnifique ! Ces 15 km de crapahutage sur la neige nous aurons bien vidés. Ah ! On s'en remet devant une bonne plâtrée de pâtes.

Dans les Rocheuses, les paysages de grandes et denses forets de pins verts s'étendent à perte de vue. Forcément on ne peut s'empêcher de comparer avec ce que l'on connaît. L'environnement montagnard d'ici est donc quelque peu différent de celui que l'on connaît. Les vallées sont un peu plus larges et étendues tandis que les pentes rocheuses, très raides, s'élèvent brusquement. Question météo c'est pas vraiment top, le temps est pluvieux depuis que l'on a passé la frontière. En même temps, vu l'ambiance très verdoyante qui règne ici, rien d'étonnant (lol). Autre fait marquant, la traduction systématique en français sur les divers panneaux. On n'aurait pas cru que le français serait autant présent à l'ouest du pays. En effet, les québécois ne représentent qu'une minime partie de la population. Pourtant depuis l'instant où nous avons passé la frontière on entend régulièrement parler français. Les français et québécois venus dans l'ouest canadien sont nombreux et peuplent désormais les auberges de jeunesse que nous fréquentons.

Notre dernière étape montagnarde se passe à Revelstoke, petite ville éloignée des foules. Ça fait du bien de passer quelque jours dans cet endroit peu touristique mais très vivant, d'être mélangés aux habitants et de partager un peu leur simple quotidien. Malgré sa petite taille cette ville se révèle être jeune et dynamique. On y passe un agréable moment notamment grâce à sa bibliothèque fort sympathique, à notre auberge à l'ambiance de maisonnette routarde et au super centre aquatique de la ville, le meilleur que l'on n'ai jamais vu : une grande piscine avec panier de basket et mur d'escalade au-dessus de l'eau, un grand espace avec eau chaude et jeux, coins et recoins pour s'amuser comme des gamins, deux couloirs avec courant, un mini et un maxi jacuzzi, un sauna, un hammam et le meilleur pour finir : un toboggan géant ! Avec les journées pluvieuses qui s'intensifient c'est vraiment idéal. Après ces 4 mois de vadrouillages intensifs, on lève un peu le pied, c'est agréable. Ce ralentissement de rythme colle parfaitement au contexte ambiant, hors saison et au coeur de l'automne.

Nous quittons les Rocky Mountains en direction de la côte et Vancouver. Pour changer, on arrive sous la pluie. On découvrira donc plus tard l'agréable cadre naturel de cette vaste cité : baie grandiose et marée de buildings sur fond de montagnes boisées et de glaciers lointains. La classe ! Ces quelques jours nous auront permis de découvrir, à notre rythme, différents quartiers. On démarre par la charmante presqu'île de Granville Island peuplée d'entrepôts réaménagés et abritant des boutiques et galeries d'art, un immense et très vivant marché, des spectacles de rue en tout genre, des maisons colorées flottants sur l'eau... Bref, une ambiance bobo décontractée sympa. A l'approche des Jeux Olympiques d'hiver, le centre-ville, une péninsule couverte de grattes-ciel, se prépare à fêter l'évènement. Une multitude de bâtiments aux influences diverses s'y côtoie. On prend de la hauteur en grimpant en haut du Harbour Center. Jolie vue panoramique. L'ascenseur transparent qui vous emmène au sommet fait tout de même un peu flipper (lol). Vancouver c'est aussi de longues promenades le long du Sea Walk. Plages et mouettes sont alors de la partie. Le Stanley Park, à 15 minutes à pied de l'hyper centre, constitue le poumon vert de ce milieu urbain. Il s'agit en fait d'une véritable forêt, très dense, au bord de l'océan. Victor y fait un jogging matinal avant de le parcourir avec Céc en tandem. Au bord d'un lac on y aperçoit de nombreux raton-laveurs très peu effarouchés par notre présence. Ils sont trop minons ! Chinatown et son jardin chinois, Yaletown et Gastown sont encore autant de quartiers sympathiques à découvrir en flânant.

Après cette pause citadine nous prenons le ferry pour passer sur l'immense île de Vancouver. Nous débarquons non loin de Victoria, l'élégante capitale de la Colombie-Britannique. Avec ses cossus bâtiments, ses rues toujours bien entretenues, ses parcs parsemés de totems et ses vieilles demeures en briques rouges, Victoria est pleine de  charme et so British ! Nous traversons ensuite une bonne partie de l'île pour nous rendre à Tofino, petit village entouré de bras de mers et d'îlots épars. Tofino est aussi réputée en saison pour la visite régulière des baleines. Sur la route nous découvrons une île sauvage, escarpée, un peu montagnarde et couverte de forêt. Très dense cette rain forest est différente de ce que l'on connaît par chez nous. Sorte de jungle inaccessible, elle est impossible à traverser sans un chemin tracé. On dirait presque une forêt tropicale, le climat en moins ! Le jour où nous sommes là, la flamme olympique, portée par une athlète locale, est aussi de passage. C'est donc la fête au village ! Dans le coin nous nous baladons sur Long Beach, une plage de sable blanc jonchée de rondins de bois où de courageux surfeurs tâtent la vague, ainsi qu'autour du petit village de pêcheurs de Ucluelet et de son phare. Les biches que nous croisons dans les parages ne sont vraiment pas farouches.

Nous reprenons le ferry, seul moyen de quitter l'île, pour rejoindre Seattle et y dépenser nos derniers dollars américains. Là, on retrouve les plaisirs d'une auberge Green Tortoise (le cousin de notre premier hébergement à San Francisco). Malgré le manque de charme des pièces communes, un mobilier dépassé et un tout un peu cradoc, on retrouve un grand lit double dans une petite piaule sympa avec personne dans les autres lits, les petits-dèj. complets du morning, des ordis avec Internet en accès libre (bon ils sont franchement lents, c'est une horreur, mais c'est mieux que rien) et des soirées repas gratuits conviviales, le tout en plein centre ville et tout près de l'océan. Cool. Les journées sont principalement occupées par les derniers détails pratiques à régler avant le départ pour la prochaine étape. On prend quand même le temps de découvrir le très interactif musée Experience Music Project, tout près de la fameuse tour Space needle, qui nous permet entre autres de (re)découvrir Jimy Hendrix (enfant du pays, originaire de Seattle) et même de jouer en concert I love Rock'n'roll (Céc a la guitare électrique et Victorien a la batterie, mémorable !). Lol 

Ce n'est pas sans un petit pincement au coeur que nous quittons cette jolie Focus rouge qui fut notre maison pendant 10 semaines. Ciao à toi "384 DYL Oregon", on t'aimait bien (lol). On lui en aura fait voir de toutes les couleurs. Nous revoici maintenant backpackers, à devoir porter nos gros sacs sur le dos. Bizarrement ça ne nous avait pas forcement manqué. Tout contents, nous allons ensuite à la poste restante où nous avons du courrier qui nous attend. Trop cool !

Demain nous décollerons pour notre prochaine étape, la Nouvelle-Zelande. Après deux mois et demi en Amérique du nord, on est content de s'envoler vers d'autres horizons, de changer de culture et de mode vie. Même si la remise en route de nos muscles sera un peu difficile au début, ça nous fera du bien de retrouver l'effort de la marche durant ces 5 intenses semaines de trek sur ces îles. 

Contact : lesptitsvadrouillards@gmail.com

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