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Nouvelle-Zélande 2/2

Journee pluvieuse sur le Kepler trackOn quitte Queenstown direction Te Anau, point de départ du Kepler Track (4 jours), dans les fameux Fiordlands. Sur la route le ciel s'assombrit et s'emplit de nuages. Au départ du parking dur dur de se motiver à quitter le confort de la voiture avec ce qu'il tombe dehors. On s'élance. Pluie. Le chemin commence à plat le long du lac Te Anau que l'on devine à peine. Pluie. On pénètre le "bush", forêt humide et tropicale. Pluie. Fougères géantes. La montée débute doucement. Malgré ce temps humide on croise pas mal de gens sur le sentier ce qui n'était vraiment pas courant avant (preuve que l'on est bien sur un "Great Walk"). Pluie. Palmiers fougères. La montée se fait plus raide et on l'engloutit d'un pas ferme. La végétation évolue. Pluie. Au sortir de la forêt, le vent nous glace les os. Pluie, vent, éclair. Dernière arête avant la fin et sur laquelle on court presque. Après 14 km, 900 m de dénivelé et un temps record (3h), nous arrivons complètement trempés à la Luxmore Hut. Grand et accueillant, ce refuge est aussi bondé de randonneurs. Une cinquantaine de paires de chaussures gouttent autour du poële. Ça nous change !

Paysages montagnard du Kepler track

 Sous la Luxmore Hut (Kepler track)

Le lendemain, à notre réveil, presque tout le monde est déjà parti. Il est des choses comme ça qui demeurent immuables quoi qu'il arrive. En effet, comme pour l'artiste de cirque qui après un faux pas doit réexécuter son numéro jusqu'au succès, le randonneur se doit lui de se lever et partir tôt, manger des plats lyophilisés et bien sûr porter de grosses chaussures de rando (lourdes, qui mettent un temps fou à sécher et font souvent plein d'ampoules). Une fois de plus la chance nous sourit. Vers midi les nuages se rétractent pour laisser place au soleil et à un magnifique ciel bleu. On découvre enfin les sublimes paysages alentours. Du haut du Mt Luxmore on a une vue à 360 degrés avec en contrebas le lac Te Anau, les plaines cultivées d'un côté et de l'autre le superbe fiord et ses montagnes plongeant dans l'eau. On reste longtemps dans ces paysages montagnards, le long de nombreuses arêtes, avant de replonger dans cette forêt tropicale à la végétation folle : lianes, mousses, fougères géantes... Chouette ambiance.

Oiseau-punk

Ici, impossible de faire la moindre marche sans remarquer les boîtes en bois le long du chemin. En effet, sont installées sur tous les sentiers du pays de nombreux pièges à rongeurs. Capables de grimper aux arbres et particulièrement friands d'oeufs, ils sont une menace pour certaines espèces d'oiseaux. Il faut savoir qu'à l'origine aucun mammifère (hormis la chauve-souris) ne vivait en Nouvelle-Zélande. Les volatiles étaient alors les seuls sur ce large territoire. N'ayant aucun prédateur à craindre certains de ces oiseaux, comme le kiwi, en ont perdu leurs ailes au cours de leurs évolutions successives. Ils sont donc les proies rêvées pour ces rongeurs introduits par l'arrivée des colons (dans les cales de leurs bateaux). Les locaux sont très fiers de cette tentative d'éradication des rongeurs et ne manquent pas une occasion de rappeler qu'ils oeuvrent ainsi à la préservation de la faune autochtone. En voyant aujourd'hui à quoi s'est réduite la population Maori, on en arrive à la drôle de considération suivante : est-ce qu'une force supérieure n'aurait pas du mettre par le passé des pièges à colons géants pour protéger les natifs ?! A méditer...

Mouton neo-zelandais

De nos jours encore quasiment aucun mammifère ne peuple l'île. Cela nous fait donc un peu bizarre de parcourir tous ces hectares de forêt sans croiser aucun animal sauvage. Par contre, une pagaille d'oiseaux de toutes les couleurs chante sur notre passage. On vient donc ici pour les sublimes paysages et non pour la "wildlife". En effet, les seuls animaux que vous pourrez voir ici sont : moutons et vaches dans les champs, souris et furets dans les forêts, oiseaux un peu partout et enfin, moins drôle, une multitude de possums écrabouillés sur les routes (ce qui prouve que ces petites bêtes ne doivent pas courir bien vite), et c'est à peu près tout. Ah non, on allait oublier, il y en a bien d'autres mais ceux-la on s'en serait vraiment passé. Ce sont les "sandflies". Il s'agit de minuscules moucherons qui vous assaillent par dizaines et vous tournent autour sans répit, à rendre fou ! Et quand ils piquent tu en as ensuite pour des jours à te gratter. On rencontre ces petits démons dans tous les coins humides (nombreux par ici !). Selon la légende Maori, les dieux les auraient mis ici pour protéger ce paradis terrestre des hommes et éviter qu'ils ne s'attardent trop longtemps.

Foret et fougeres geantes

Après ça, on poursuit jusqu'à Tuatapere, à l'extrémité sud de l'île et des Fiordlands, pour faire l'Hump Ridge Track, nouveau né dans le monde des treks made in kiwi. Avant de partir on fête dignement nos 5 mois d'expatriés avec une soirée crêpes ! Par une journée grise et peu encourageante, on s'enfonce une nouvelle fois dans une épaisse forêt-jungle. A part le début sur la plage et l'arrivée sur la crête, au sortir du bush, on passe le plus clair de notre temps dans la forêt. Et pour tout dire on en a eu notre dose de forêt ! Malheureusement pour nous, on baigne dans un épais manteau nuageux. La vue finale tant attendue n'est donc pas au rendez-vous. A part ça, la "hut" est vraiment très classe, on n'a jamais vu ça. On est installé dans de petits dortoirs de 8 avec chacun son oreiller (et sa taie !!). Il y a des couverts, des ustensiles de cuisine à disposition, des canapés dans le salon et du porridge nous est servi au petit-déjeuner. La grande classe pour un refuge !

 Vue imprenable de l'Hump Ridge

Re-vue imprenable de l'Hump Ridge

Bon là c'est le moment où l'on se doit de remercier chaleureusement notre ange gardien, cette bonne étoile qui fait bien son boulot et grâce à qui le beau temps a pour nous, toujours su faire surface au bon moment. Après cette journée de grisaille complète, le ciel est donc tout dégagé à notre réveil, pour que nous puissions aller profiter de la fameuse Hump Ridge, intérêt principal de cette marche. Vue imprenable sur les environs, au milieu de jolis rochers et de petits lacs bizarres. De là-haut, on distingue aussi très nettement les hectares de "bush" qui couvrent l'essentiel de la fin du trek. C'en est trop pour nous. Y'en a vraiment marre de la forêt et surtout de marcher des heures durant sous une épaisse couche végétale, sans visibilité. C'est décidé, on rentre. Enfin, ce petit aller/retour de 38 km nous aura quand même bien stimulé les mollets.

Jolie campagne de Nouvelle-Zelande

Commence alors pour nous une longue remontée jusqu'à l'île du nord. Eh oui, même si nous avons l'impression que l'aventure néo-zélandaise vient à peine de débuter, il y a en réalité déjà 4 semaines d'écoulées. Durant ces heures de route on traverse de magnifiques paysages, simples et très verts. D'interminables prairies courent sur de charmantes collines, des milliers de moutons sont éparpillés aux quatre vents, bref, une nature de toute beauté défile au grès des kilomètres et des bleds aux noms imprononçables. Tout simplement MA-GNI-FI-QUE et très reposant.

Première halte à Dunedin où l'on s'arrête dans un super "backpacker" à l'ambiance très familiale. Dans cette petite baraque, les SDF que nous sommes (eh oui, pas besoin d'être clodo pour ça !) sont contents de retrouver un peu l'esprit "home sweet home" qui leur manquait. A côté de "chez nous" on profite également du magnifique jardin botanique où des joueurs de cornemuse s'entraînent sur les pelouses. C'est marrant de retrouver comme ça les traces lointaines des différentes colonies qui ont influencées le pays : 

Joueurs de cornemuse (Dunedin)

- L'Ecosse, avec la musique et certains termes du langage
- La France elle aussi, avec de nombreux mots réutilisés tel quel (café, déluge, fatigue...)
- L'Angleterre bien sûr, avec les sports bizarres que l'on pratique ici aussi (cricket, polo, golf...), l'architecture, le fish'n chips (plat trad' des kiwis), la langue et la conduite à gauche.

Phoque qui feignasse

Seconde étape : Kaikoura. Si les espèces animales ne sont pas vraiment présentes sur l'île, par contre, près des côtes, de nombreux animaux marins font la fierté des néo-zélandais. Phoques, otaries et autres cousins, baleines, dauphins et même pingouins, sont ici, comme bien souvent, placés au coeur d'un véritable business où tout est mis en oeuvre pour amener en masse les touristes au plus près de ces starlettes à nageoires. Ah, le tourisme et ses travers, difficile d'y échapper. A part ça, il s'agit d'une petite bourgade ancrée, aux pieds d'une longue chaîne de montagnes, à une sympathique baie au bout de laquelle se trouve une magnifique péninsule aux rivages déchiquetés. On y aperçoit quelques phoques qui feignassent au soleil, étalés de tout leur gras sur les rochers, loin d'être effarouchés par notre présence. Un peu plus loin il y en a carrément une colonie.

Couleurs de folie sur le Tongariro

Un petit coup de ferry dans l'autre sens et hop nous revoilà sur l'île du nord. On file alors au Tongariro National Park, zone volcanique improbable au milieu de tout ce vert, pour notre dernier trek (3 jours). Cette fois point de forêt pour nous cacher la vue, nous sommes à découvert tout le temps ! On évolue dans ce paysage volcanique sec et très rocailleux sous un soleil de plomb. C'est vraiment magnifique. Près du South Crater nous laissons momentanément nos gros sacs pour l'ascension du Mt Ngauruhoe. Cette montagne (volcan en fait) vraiment superbe devrait rappeler des souvenirs à certains. Il s'agit en effet du fameux Mt Doom du Seigneur des Anneaux, la montagne où Frodon doit aller jeter l'anneau pour le détruire. Pas de plus belle conclusion à notre découverte de la Nouvelle-Zélande donc que ce trek au pays du Mordor. Le Mt Ngauruhoe ressemble au Misti (Pérou) et au Parinacota (Chili) car, comme ses deux confrères, il s'agit d'un immense cône parfait surgit de nulle part. Et comme pour le Misti, la montée n'est pas une partir de plaisir mais le jeu en vaut vraiment la chandelle. Là-haut la vue est réellement "amazing" !

Mt Ngauruhoe sur le Tongariro Northern circuit

Vie quotidienne de trekeur

La suite du parcours nous fait passer au bord du Red Crater, des Emerald Lakes et du Blue Lake (nom maori de ce dernier : Te wai-whakaiata-o-te Rangihiroa ! lol). Tous ces paysages sont tout simplement merveilleux ! On ne peut plus s'arrêter de dire "C'est trop beau" et de prendre une photo à chaque pas. Les couleurs sont incroyables. Sous nos pieds la terre devient beige, jaune, rouge, noir,... Vraiment superbe. Ce sont aussi nos dernières nuits en refuge. On est un peu triste que toute cette ambiance trekeur s'arrête : les journées de marche, les retrouvailles le soir à la "hut" avec les autres marcheurs (même si chacun le vit différemment et à son rythme, on sait qu'on a tous partagé le même chemin pour arriver ici), les discussions avec les autres voyageurs, la cuisine-popote et tout ce qui va avec. En tous les cas on finit en toute beauté avec un trek exceptionnellement beau du début à la fin.

On quittera bientôt "la Terre du Milieu" pour l'Australie où nous attendent des retrouvailles amicales.

Contact : lesptitsvadrouillards@gmail.com

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