Dernier billet

Australie, le Northern Territory

On quitte la côté est et son ambiance "surfeur" direction le Northern Territory à la découverte d'un tout autre visage de l'Australie. Berceau ancestral des tribus aborigènes, cette immensité vide d'hommes (215 000 habitants pour une superficie de 3 fois la France) présente un contraste énorme entre le Top End tropical au nord et le centre rouge et aride au sud. En débarquant à Darwin on découvre réellement ce que veut dire la "wet season" (saison Road trail du Northern Territoryhumide) : pluies, voire grosses douches et trombes d'eau, et chaleur humide parfois étouffante. En revanche pas grand chose à dire sur Darwin sinon que c'est une ville extrêmement calme et très verte où l'on ne fera que passer. Direction donc Europcap où nous attend notre dernière voiture de loc'. En arrivant, surprise, on nous annonce que notre réservation a été annulée dans la nuit, qu'ils ne peuvent rien faire pour nous, à nous de nous débrouiller avec l'agence européenne intermédiaire qui leur a soumis la resa'. Quelle histoire ! Après un coup sur Internet, des allers-retours sous la pluie, un long coup de fil et 2 heures de  perdues, l'affaire se règle toute seule. De retour à l'agence, l'employé nous remet les clés comme si de rien était et, bien que l'erreur provenait de chez eux, aucune excuse ne nous est faite pour le dérangement. Ce n'est pas la première fois qu'on le remarque, mais franchement, la fibre commerciale ce n'est vraiment pas leur truc. Ici, notre bon vieux dicton "Le client est roi" serait plutôt à remplacer par "Le client paie, mais le vendeur reste roi". Enfin, on finit par récupérer une vraie bagnole de ministre, une Toyota Aurion blanche (dommage !), élancée et très belle mais qui boit quand même ses 10 litres aux 100 km la gourmande !

  Peintures rupestres (Nourlangie Rock)Première étape, le parc national de Kakadu, vaste plaine marécageuse protégée des tempêtes par un bouclier de mangrove. Ici, comme dans toute la région du Top End d'ailleurs, les baignades sont à proscrire car c'est le fief des crocodiles qui peuvent remonter les cours d'eau ou parcourir sur terre des distances impressionnantes pour venir peupler la moindre rivière, marécage ou plan d'eau. Ce bourbier saumâtre serait aussi peuplé de buffles et sangliers sauvages, de varans préhistoriques et de serpents venimeux. Pour notre part nous apercevons quelques wallabies, un dingo, un lézard à collerette (frillneck), des perroquets blancs à crêtes jaunes, des kookaburas, plein de batraciens, de belles oies sauvages et des milliers de termitières qui peuplent les alentours d'étranges monticules de terre. Qui dit wetlands marécageux, dit aussi mouches qui vous assaillent par milliers à la découverte du moindre interstice (oreille, bouche, nez, yeux, tout y passe !) à rendre fou. Hostile la nature ! Outre pour sa faune luxuriante, le parc est aussi célèbre pour ses peintures rupestres aborigènes. On en admire de somptueuses sur les parois rocheuses du Nourlangie Rock, représeLegere inondation, vive la mousson !ntant les personnages du Dreamtime. Les récentes pluies tropicales font s'épanouir la nature les pieds dans l'eau. La plupart des routes sont rendues impraticables par la mousson à part l'axe principal que nous empruntons. De temps en temps, la chaussée est recouverte d'eau ce qui provoque, pour notre grand plaisir, d'immenses gerbes d'eau sur notre passage. Sur cette route on croise aussi nos premiers road-train, immenses camions aux multiples remorques, transporteurs de bétail et marchandises, et équipés à l'avant d'impressionnants buttoirs à kangourous. On passe la nuit seuls au monde dans l'un des campings du parc, à savoir un vulgaire petit parking en bitume. Là on vit une expérience peu banale. A la tombée de la nuit, après être restes à l'intérieur de notre carrosse un bon moment pour lire à la lumière, en moins d'une seconde on se fait littéralement envahir par des milliers d'insectes volants. Ils sont partout, nous recouvrent le corps, forment un tapis grouillant au sol et ont aussi envahis la voiture. L'horreur ! Il s'agit en fait de termites ailées qui, comme les fourmis, revêtent leurs ailes pour une unique soirée nuptiale. Au petit matin, l'intérieur de la voiture est donc couvert de ces infâmes petites ailes. Vive la nature ! Mais ce n'est rien comparé au grand moment de solitude que nous vivons lWetlands du Top Endorsque la voiture refuse de démarrer. Nous voila donc coincés au milieu de nulle p  art. Les niveaux anormalement bas du liquide de la batterie expliquent qu'elle ait pu se décharger en 1 heure la veille. Cette mission dépannage va nous occuper un bon moment dans ce grand walou aerien. Après 5 heures d'attente en compagnie des mouches au bord de la route, en couple franco-alaskien s'arrête. Nos sauveurs nous accompagnent jusqu'au plus proche village situé à 100 km de là pour emprunter des pinces crocos. Grâce à eux, nous pouvons repartir le soir même. Un sublime coucher de soleil vient alors clore cette longue journée.

Coucher de soleil reparateur sur Kakadu

Thermitiere geante Les gorges de Nitmiluk Petite halte à Katherine, essentiellement connue pour la beauté des gorges de Nitmiluk. Malheureusement pour nous, avec la montée des eaux, le canoë est interdit en cette saison. On se rattrape un peu en découvrant la première partie des gorges encore accessible en bateau. Sur le retour petite pause fraîcheur dans un bassin naturel alimenté par une jolie cascade. Avec cette chaleur étouffante autant dire que c'est appréciable. Un quart des habitants du Northern Territory est aborigène. Ils sont donc nombreux dans les rues, silencieusement avachis dans l'herbe ou discutant bruyamment à l'ombre des eucalyptus, nous rappelant combien les difficultés sont encore importantes pour cette population trop longtemps ignorée et arrachée à ses valeurs. Avant de poursuivre notre chemin le long de la désertique Stewart Highway en direction du sud, on s'offre un dernier bain de fraîcheur à Mataranka. Dans une poche de Rain Forest, cette piscine naturelle est une bénédiction.

Paysage du bush

Ensuite c'est la longue route à travers l'Outback australien. De part et d'autres la végétation se fait moins haute, s'assèche et se raréfie à mesure que les kilomètres s'égrènent et que les distances s'allongent. Et toujours ces oiseaux de proie qui planent dans le ciel chauffé à blanc. L'immensité vide de cette région est troublante. Nos nuits en camping sauvage sont magiques, uniquement troublées par les bruits d'une faune sauvage prenant possession des lieux la nuit venue. Pas une seule lueur à l'horizon si ce n'est le ciel chargé d'étoiles. Chouette ambiance ! Au passage, on s'arrête admirer les Devil's Marble. Merveilleux spectacle que ces immenses rochers sphériques abandonnés là par la nature, en équilibre instable. Dans la légende du Dreamtime aborigène ce sont les oeufs du Grand Serpent Arc-en-Ciel. Quelques centaines de kilomètres plus tard on atteint, entourés de désert, de pierres et de broussailles, Alice Springs, ville sanctuaire des aborigènes et des touristes à l'intérêt limité.

  Les Devil's Marbles


Dunes de sable rougeÉtant déjà venue ici 7 ans plus tôt, Cecilia avait en mémoire une vision des aborigènes proche de clochards alcooliques déambulant ivres dans les rues. C'est cette image qui est souvent évoquée par les australiens. Pourtant, nous sommes agréablement surpris par ce que nous découvrons. Ayant un physique et un mode de vie très différents des occidentaux, il est facile d'être choqué par cette population qui passe ses journées débraillée, posée dans les parcs de la ville. Mais quoi de plus naturel, par cette chaleur, que de s'asseoir dans l'herbe à l'ombre d'un arbre, à discuter en famille ou à peindre quelques toiles pour les touristes. Nous, occidentaux, sommes bien entendu plus habitués à nous retraSur la routencher dans des salons climatisés ou des piscines rafraîchissantes... La majorité des gens que nous croisons dans les rues sont aborigènes, cependant dès que nous entrons dans un commerce il n'y a plus que des blancs des deux côtés de la caisse. Cette cohabitation nous intrigue, mais difficile d'en apprendre davantage car les australiens ne sont pas bavards sur le sujet et les aborigènes difficilement approchables. On sait néanmoins qu'ils reçoivent une rente de l'Etat en dédommagement des préjudices subis par leur population, pour peu qu'ils remplissent les quelques conditions de sédentarisation qui leur sont imposées (adresse, compte bancaire, etc). On comprend mieux pourquoi ils sont si nombreux à "traîner" toute la journée. D'un autre côté, soyons réalistes, les quelques motivés à acquérir un "vrai" salaire ne sont certainement pas au bout de leurs peines avec le racisme ambiant... Les australiens aiment à mettre en avant que l'entente avec les aborigènes s'améliore et qu'il existe dorénavant une collaboration active entre les blancs et les "propriétaires traditionnels" (comme ils aiment à les appeler) dans les parcs n  ationaux (où nous n'en avons pas croisé un seul !) et que certaines de leurs terres d'origine leur ont été rendues. Mais à quel prix ?! Le parc national Uluru / Kata Tjuta par exemple a été officiellement restitué en 1985, sous la condition tout de même qu'il soit loué aux australiens sous forme d'un bail de 99 ans. Enfin, il y a néanmoins une touche positive dans tout ça : depuis quelques années certaines écoles mixtes (aborigènes et blancs) ont fait leur apparition. Cette mixité quotidienne, dès le plus jeune âge, permettra peut-être de voir grandir une génération plus habituée à vivre ensemble malgré les différences. En tout cas on l'espère !

  Au pied d'Uluru Au centre géographique du pays, Alice Springs, fortement orientée vers le tourisme, est le point de départ vers Uluru (Ayers Rock). Nous mettons donc le cap vers ce site mythique qui fait la fierté des australiens. En chemin apparaissent dans ce bush désertique et clairsemé quelques dunes de sable rouge aux vaguelettes sculptées par le vent. Des arbres aux formes torturées poussent dans le lit des rivières asséchées, preuve que l'eau ne doit pas couler très souvent. Sur ces valons ocres, des eucalyptus malingres demeurent immobiles sous la chaleur écrasante. Les chênes du désert avec leurs feuilles minces et longues rappellent certains conifères. Dans cette région dramatiquement aride, le désert rouge vénitien tranche sur le bleu sature du ciel. Montagne improbable, Uluru trône majestueusement au milieu du continent. Il dresse son énigmatique silhouette au-dessus de la plaine. Ce monolithe sacré pour les aborigènes est vraimeLezard dorant au soleilnt superbe et tout ce que l'on peut dire à son sujet ne pourrait remplacer ce que l'on découvre de ses propres yeux. Ce vieux rocher lisse prend d'étonnantes teintes chaudes, différentes à chaque instant de la journée. On plante la tente au camping de Yulara, peupléde varans et de nombreux petits lapins. Ce village récent a changé une des régions les plus inhospitalière en un centre touristique isolé et confortable. A l'autre bout du parc, K  ata Tjuta (les Olgas), un surprenant conglomérat de montagnes rouges et rondes en forme de dômes sort de la plaine. "Valley of the winds" est une boucle permettant de s'imprégner de l'ambiance du lieu. On regrette cependant que le sentier ne pénètre pas plus au coeur du massif.

Kata Tjuta (les Olgas)

Dromadaires sauvages Dans ces contrées de savane faisant songer à l'idée que l'on se fait de l'Afrique, on croise des chevaux en liberté et, à plusieurs reprises, des troupeaux de dromadaires sauvages. Introduits pour aider les pionniers dans leur prospection des zones arides du continent ils se sont parfaitement adaptés au pays où ils se nourrissent d'acacias et d'eucalyptus, délaissés par les espèces domestiques. Rendus à la liberté et sans aucun prédateur ils se sont rapidement reproduits dans ces régions qui leur conviennent. Ils sont maintenant les seuls troupeaux de dromadaires sauvages au monde.

L'imposante gorge de King's Canyon Non loin d'Uluru se trouve notre dernière escale du centre rouge, King's Canyon, à seulement 350 km (eh oui les repères changent !). Il s'agit d'une profonde gorge, imposante faille qui fascine par sa beauté. On arpente les lieux seuls dans la fraîcheur de fin d'après-midi. Baigné des couleurs du soleil couchant, cet endroit vertigineux planté en plein désert nous plaît beaucoup. Les nuits sont calme au camping du resort d'à-côté. L'endroit quasiment désert n'est peuplé que de meutes de dingos hurlant à la mort. Ils devaient d'ailleurs avoir sacrement la dalle car ils ont bouffé les tongs de Victor ! On rentre ensuite vers Alice Springs en parcourant en sens inverse les vastes plaines rouges. Bientôt, l'enchaînement des avions Alice Springs - Darwin, puis Darwin - Denpasar nous permettra de rallier l'Indonesie sur l'île de Bali. D'ici là on règle les derniers détails techniques.

Wallabi dans les environs d'Alice Springs

 

 

Contact : lesptitsvadrouillards@gmail.com

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