Dernier billet

Madagsacar 2/2

En route pour la descente de la Tsiribina avec Flo & Alex Avril n’étant pas encore très touristique, les vazahas sont peu nombreux à Antsirabe. Dur dur pour nous de trouver des compagnons de route pour la descente de la Tsiribihina. L’idéal serait de trouver deux personnes pour partager l’aventure et ses frais. Après 3 jours de recherches infructueuses, alors que nous perdons espoir, c’est chose faite avec la rencontre de Flo et Alex, un couple belge bien sympa. On s’attable autour d’un rhum arrangé pour sceller le contrat ! Dès le lendemain on rejoint la chaleur de Miandrivazo, à 220 km à l’ouest. En chemin les paysages évoluent, la nature s’assèche et le relief s’aplanie. Au petit matin c’est sous l’escorte d’une foule de badauds attirés par l’animation que l’on se rend à l’embarcadère. Durant le remplissage des pirogues, les gamins nous encerclent, réclamant bonbons et argent, posant pour les photos et éclatant de rire en découvrant leurs têtes. Après les adieux au village notre petite troupe, composée de Flo et Alex, notre guide Emile, son petit frère Honoré en « formation », notre piroguier Mami et ses deux assistants Tiny et Tita et nous-mêmes, s’élance enfin. On emprunte d’abo  rd la rivière Mahaijilo qui se jette en douceur dans la Tsiribihina. Et c’est vraiment parti pour environ 150 km et 3 jours de vie au fil de l’eau. Sur ses flots ocres et terreux le fleuve nous invite à une balade contemplative. Plus ou moins confortablement installés dans notre pirogue on profite de ce lent défilement des paysages. C’est aussi à la rencontre des gens du fleuve et de ses villages isolés que cette balade nous mène. Sur les berges, culture du riz, du tabac, élevage de zébus et dans l’eau, pêche manuelle Céc la piroguière ! au filet, toilette, lessive et cuisine. Sur notre passage les gamins agitent gaiement la main en nous criant « vazaha ». La vie à bord est des plus simples. Au rythme des coups de pagaies, on écoute de la musique, on bouquine, on tente de débusquer oiseaux, chouettes, chauves-souris, lémuriens et caméléons sur les rives, on somnole, on rêvasse et surtout on Chargement des pirogues à l'embarcadère de Miandrivazose tanne le cul et on transpire encore et encore sous un soleil implacable. Un vrai régal ! Notre progression est uniquement ponctuée d’une pause déjeuner-sieste, à l’ombre ou à la fraîcheur d’une cascade. Le pied ! Quasiment seuls sur la Tsiribihina, l’époque est idéale pour profiter de la singulière ambiance de ces coins isolés. Le soir venu on bivouaque sur d’immenses bancs de sable avec les étoiles pour seule lampe de chevet. Le premier soir, alors qu’on se croyait tout seuls, on est envahis par les mômes d’un village tout proche. On joue avec eux à chat, au foot, à faire des dessins,… Ils sont terriblement mignons avec leurs grands yeux curieux et leur sourire sincère. Bien sûr toutes les rencontres ne sont pas aussi joyeuses mais ce moment partagé avec ces enfants fut un réel plaisir. Au dernier campement on déguste la poule qui nous accompagne depuis le début du voyage. Le troisième jour on débarque au poste d’Antanambao où l’on troque nos deux pirogues contre une charrette à zébu pour transporter tous notre bardas vers Antsiraraka. C’est le village le plus proche où un 4x4 doit venir nous chercher le lendemain. Pendant tout ce temps on est bien sûr suivis et sollicités par de nombreux gamins débarquant par dizaine de toute la campagne. Ils sont partout !

Paisible vie au fil de l'eau sur la Tsiribina

Madagascar n’est pas le pays du « mora-mora » (à traduire par dou-ce-ment !) pour rien. Comme on avait déjà pu s’en rendre compte auparavant, ici les choses se passent rarement comme prévu et les plans sont souvent amenés à changer. C’est à Antsiraraka que pour nous les surprises commencent. Le 4x4 que nous attendions pour repartir arrive avec un jour de retard, soit disant à cause d’un problème d’approvisionnement en carburant. Soit ! Après tout ce n’est qu’une journée de perdue à attendre en pleine brousse, à boire du rhum pour patienter. Mais avouons-le, depuis le départ les imperfections d’organisation s’accumulent désagréablement (manque d’eau et de vivres, guide aussi calé que nous question faune et flore,…). Alors lorsqu’on aperçoit le capot du 4x4 ouvert avant le départ on ne présage rien de bon. Le futur proche nous donne malheureusement raison puisqu’il nous faudra seulement 6 km pour tomber en panne. On attend donc plus d’une heure au soleil, sur une piste au milieu de nulle part, que notre chauffeur et son assistant bidouillent le moteur. Ce serait l’arrivée d’essence. Alors ils coupent le tuyau, installe un bidon d’essence près du moteur (!), plongent le tuyau dedans,… Après de longs bricolages on finit par redémarrer… pour finalement s’arrêter de Charrette à zébus en pleine broussenouveau quelques kilomètres plus loin. Grrr !!! Enfin, comme on dit, ce sont les imprévus qui marquent la mémoire et créent les meilleurs souvenirs. Une chose est sûre on n’est pas prêt d’oublier es moments de galère. Par contre, énervés par l’incompétence générale de nos organisateurs, on plante tout ce petit monde sur place et on saisit notre chance en grimpant dans le seul taxi-brousse qui circule sur la piste ce jour. Si bien des véhicules ne devraient même plus pouvoir rouler et que les pannes, petites ou grosses, sont fréquentes, l’ingLa célèbre allée des baobabséniosité des malgaches en matière de mécanique leur permet de les mener jusqu’à leur dernier souffle. C’est le cas de ce camion type bétaillère de l’armée française datant de la colonisation. Bondé de monde et chargé à en dépasser l’entendement, il nous conduira finalement en 2 h près de Belo-sur-Tsiribihina. De là on prend un autre taxi-brousse pour Morondave. Le trajet sera un peu plus long que prévu (6 h au lieu de 3) mais se passera sans autre problème. Eh oui, dès que l’on sort des sentiers battus, le moindre voyage en brousse est difficile et éprouvant. A part la RN7, les infrastructures routières sont mauvaises ou inexistantes ce qui réduit parfois la progression des véhicules à seulement 10 km/h sur certaines pistes difficiles. On finit tout de même par arriver à Morondave, fourbus mais contents d’être débarrassés du Emile ! En chemin le chauffeur accepte, pour notre plus grand plaisir, de faire une courte pause à la fameuse Allée des Baobabs. Malheureusement on arrive un peu tard pour profiter de la lumière idéale de fin de journée ; le soleil venant de basculer derrière l’horizon. Tant pis c’est déjà superbe. L’alignement improbable de ces colosses de bois est somptueux. Ces gigantesques arbres à l’imposante silhouette, qui dressent comme des racines vers le ciel, on vraiment fière allure. On comprend aisément que ce site soit le plus photographié du pays. 

Ambiance western dans les rue de Morondava Morondave est une ville côtière de type Far West, sans grand charme. On y passe uniquement pour attraper un taxi-brousse reliant la RN7. On a tout de même le temps de mettre les pieds dans l’eau. Sur la plage, des rangées d’hôtels tombant en ruine font face au large. Drôle de spectacle. C’est ensuite parti pour 16 h de taxi-brousse jusqu’à Antsirabe. La première partie en route goudronnée défoncée est horrible ; la seconde, sur une piste partiellement refaite, est meilleure. Les multiples arrêts pour charger ou décharger les passagers et détacher ou harnacher les bagages sur le toit n’arrangent pas notre moyenne. Le long de la piste, et même entre deux hameaux très isolés, il se trouve toujours des gens marchant fièrement, souvent pieds nus, vers des destinations connues d’eux seuls. On croise également quelques bergers et leurs robustes zébus. Au milieu de la nuit, pour traverser une portion dangereuse où des brigands sévissent régulièrement, les taxis-brousse ont trouvé la parade. Ils s’attendent, un militaire armé grimpe dans chaque véhicule et on repart en formant une caravane bien groupée. On se croirait au temps des westerns quand le convoi passe dans la plaine et que les indiens sont tapis dans les collines près à passer à l’attaque. S’ils prennent toutes ces précautions ce n’est certainement pas pour rien. Heureusement pour nous, aucun souci ne survient. On arrive donc, assez fatigués tout de même, au stationnement d’Antsirabe vers 4 h du matin. Nous attendons dans la nuit et repartons avec le premier minibus vers Ambositra. Le chauffeur voulant rentabiliser le voyage au maximum, on tourne une heure en ville avant de partir et on se retrouve surtassés les uns sur les autres. Bref, une fin de nuit des plus confortables ! On arrive à destination bien décalqués !

Campagne des hautes terres auour d'Ambositra

Vendeuse de beignets dans la rueDans cette bourgade paysanne du Betsileo on retrouve la fraîcheur et les paysages verdoyants et vallonnés des Hautes Terres. Ambositra, qui tire sa réputation de l’artisanat du bois (pas vraiment à notre goût), se prête surtout à la déambulation. D’un marché à l’autre, on arpente les vivantes ruelles du quartier Tompon’l Vinany. Dans une atmosphère sereine on retrouve les classiques de la vie de rue malgache. Citons pêle-mêle les fruits et légumes disposés au sol en petits tas colorés, les beignets bien gras cuits dans des marmites noires, les baguettes remplissant de grands paniers, les étales où Victor adore boire un café brûlant servi dans une petite tasse métallique, des vanneries en raphia (on fait d’ailleurs le plein de chapeaux et paniers !), les gargotes servant des composés (salades de pâtes, légumes et carottes) dans des assiettes creuses, les tas de viande découpés pour la vente au détail, les poules entravées qui battent désespéramment des ailes,… Ce bordel général, cet univers de minuscules échoppes ou de vente à même le sol, avec ses habitudes et ses négociations quotidiennes nous plait beaucoup.

RN7, on the road againMalgré le temps menaçant on ne résiste pas au plaisir de découvrir la campagne alentour et ses terres cultivées ne connaissant pas la jachère. Objectif, le mont Anteny, montagne surplombant la ville. On croise quelques personnes : des gens occupés aux travaux des champs, les gamins restés à la ferme ou qui traînent par là, de petits bergers, des femmes portant un encombrant chargement sur leur tête,… A chaque fois, ce sont des échanges de sourires, de courtes tentatives de discussion, mais avec la barrière de la langue cela reste difficile. A notre retour en ville, en discutant avec un gars du village, on est une nouvelle fois surpris par la réaction des locaux. A chaque fois que l’on évoque nos virées solitaires c’est toujours la même réaction. Les gens veulent nous avertir des grands dangers que nous encouront. On nous recommande alors une extrême prudence et de ne jamais se promener seuls, mais toujours accompagnés d’un guide. Bien sûr il faut toujours se montrer prudent, nous ne sommes pas inconscients, mais leurs réactions nous semblent vraiment démesurées. On est un peu tristes de s’apercevoir que les malgaches sont excessivement méfiants et vivent dans une peur permanente. Malheureusement c’est une profonde réalité.

ApTaxi-brousse, l'aventure sur les pistesrès cette courte halte on poursuit notre descente de la RN7, toujours en taxi-brousse (on y prend goût !) jusqu’à Fianarantsoa, véritable ville de 150 000 âmes. Aux premiers abords, à l’arrivée au stationnement des taxis-brousse dans les quartiers populaires de la ville basse, Fianar nous apparait froide et peu engageante. La ville, qui est une succession de monts et de vaux, gagne cependant à être connue. Découvrir ses charmes nécessitant quelques efforts qui tirent sur les jambes elle se laisse désirer mais saura rapidement nous séduire. Dix mois à parcourir le monde ça n’use pas que les souliers. Quelque peu fatigués par ce voyage au long court, où l’on est toujours en mouvement, en action, c’est ici que nous posons nos valises pour une petite semaine de repos avant d’affronter la Réunion et son célèbre GR. Il faut parfois savoir souffler si l’on veut pouvoir durer. Devenus pros en la matière depuis le début de l’Asie, on négocie à un prix tout à fait raisonnable une chambre dans un établissement super chouette. Ambiance chic et feutrée sans être guindée dans cet hôtel de charme avec belle vue sur la ville haute et la plaine à ses pieds. Madagascar fourmille vraiment d’un tas d’hébergement de caractère, d’adresses au cachet agréable, accessibles à toutes les bourses. C’est plaisant de bien souvent pouvoir se sentir comme à la maison. 

Vieille ville de FianarNotre première balade sera pour le somptueux quartier de la vieille ville, mémoire historique de Fianar. Tout simplement magnifique et hautement photogénique. Superbes maisons colorées aux balcons de bois sculptés et ajourés. Mignonnes ruelles pavées. Quiétude de l’isolement dans ce quartier populaire en pleine restauration. Le nombre impressionnant (6 au total) d’églises, cathédrales et autres, rassemblées dans cet espace restreint, qui lui vaut le surnom de « Vatican malgache », n’est pas étranger à l’atmosphère paisible qui s’en dégage. Bref une agréable découverte. Même la pluie n’arrive pas à nous faire quitter les lieux. Avec ses maisonnettes rapprochées, adossées à la colline, ménageant entre elles de petits passages quadrillant le sommet, on se croirait dans un vieux village du sud de la France ou d’Italie. Super !

  Lémuriens makis cata En taxi-brousse on se rend en « excursion » à la journée à Ambalavao. Nichée au fond d’un cirque montagneux, avec ses alentours désertiques et rugueux, c’est la porte d’entrée au sud aride. De là on fait un brin de stop pour gagner la réserve éco touristique d’Anja. Ce petit parc naturel protégé et géré par un regroupement de villageois contient entre autres, de très belles falaises et de gros rochers, d’anciennes grottes habitées et des tombeaux traditionnels. Mais on vient ici surtout pour la petite forêt sèche et les groupes de lémuriens qu’elle abrite : les makis cata, véritables célébrités de Madagascar. Ils sont trop mignons avec leurs oreilles blanches toutes poilues et surtout cette longue queue touffue rayée noir et blanc. Comme c’est l’heure de la sieste on en observe plein calés en bande dans les arbres. Avec de grands yeux ronds et curieux, ils nous regardent passer sans broncher. La balade, assez courte, nous fait grimper sur d’énormes blocs rocheux. De là-haut, magnifique vue sur la vallée.

Vue sur la vallée depuis la réserve de l'Anja

Marché de zébus d'AmbalavaoDe retour à Ambalavao, la suite est plus folklorique puisqu’on a la chance d’assister à l’important marché de zébu qui a lieu une fois par semaine. C’est le deuxième plus grand marché de bovidés du pays. On est d’abord marqués par l’impressionnante foule que l’évènement a attiré dans les rues. Ca grouille de partout comme pour un jour de marché puissance 10. On découvre ensuite des dizaines et des centaines de zébus rassemblés dans de grands corrals en haut d’une colline. Ils arborent tous fièrement une énorme bosse de graisse étrange sur le haut du dos. Ce gigantesque regroupement est très impressionnant. Bien que ce commerce assure l’animation de la ville, vu de l’extérieur, il ne se passe pas grand-chose. On a du mal à comprendre comment ça fonctionne et ce qu’il se passe. La plupart des bêtes et des bergers attendent que les choses se passent, tandis que les plus excitées qui se ruent dans tous les sens se font ramener à l’ordre à grand coup de bâton. Les mouvements de troupeaux soulèvent dans les airs de hauts nuages de poussière rouge. Une vraie ambiance de Far West.

Membres de l'étrange église Fifohazana a Soatanana A notre hôtel on rencontre Elliane et sa grande fille Elvyre qui vit à Tana depuis 1 an. Gentiment elles acceptent que l’on partage leur 4x4 pour se rendre ensemble à Soatanana, village montagnard isolé à l’atmosphère religieuse si particulière. On fait connaissance durent 40 km de cahotage sur la piste. Elles sont vraiment sympathiques c’est cool. Le village est le fief de l’église Fifohazana (« le Réveil ») dont les membres sont quotidiennement vêtus de blanc des pieds à la tête. On ne s’attendait pas à ça mais pour cette visite dominicale, nous allons être servis ! Tout commence par un chaleureux accueil et les présentations avec le président de la communauté. On est ensuite conviés à accompagner la longue procession qui se rend du village à la grande basilique, en chantant le Seigneur. Les tout jeunes comme les vieux défilent dans leurs habits de pureté. Ils ont vraiment de l’allure ainsi drapés de blanc. Les voix des hommes et des femmes s’élancent et se répondent comme en canon dans de jolis chants religieux. En chemin des centaines de fidèles arrivant de tous côtés viennent grossir les rangs. La basilique n’est pas particulièrement jolie ou charmante mais juste étonnante ainsi plantée en pleine brousse. A son approche on prend discrètement nos distances tandis que les autres vazahas présents se retrouvent prestement dirigés vers les places d’honneur (à savoir tout devant) pour assister à la messe. Les chants sont vraiment très beaux mais l’esprit religieux ça n’est pas notre truc. Au bout d’un quart d’heure on s’éclipse donc discrètement pour aller déambuler dans les rues désertées du village. Tout le monde a délaissé sa besogne pour se rendrOn s'amuse en attendant la fin de la messee à la basilique des hommes en blancs ou à l’église catholique. C’est vrai que les dimanches matins à Mada sont toujours très calmes mais là on n’a jamais vu ça. A notre retour on attend encore longtemps dehors avec les gamins du village la fin de l’office. Après plus de 2h30 de messe la foule quitte enfin les lieux et reforme, en chantant, son cortège. Le regard abattu, les 6 vazahas « prisonniers » de la messe retrouvent la liberté. Mais pour un court instant seulement. En effet, de retour à la maison sainte, tous les étrangers du village, donc nous et notre chauffeur aussi, sommes obligés de se prêter au rituel du lavage des pieds, sous le regard des fidèles qui nous accompagnent de leurs voix. Un peu gênant tout de même de se faire frotter les pieds devant tout le monde par un inconnu. Il serait ensuite malvenu de refuser le repas offert par la communauté. On s’attable donc face à l’éternel chœur de choral qui nous regarde manger en nous hurlant encore et toujours des chants religieux couvrant nos mastications. Autant vous dire que l’on n’est pas toujours très à l’aise dans ces situations. Surtout lorsqu’ils nous répètent à maintes reprises de diffuser au plus grand nombre ce que nous avons vu et entendu ce jour pour prendre part à « l’évangélisation » comme ils disent. Ca fait froid dans le dos. Après moult formules de politesse et salamalecs d’usages on arrive enfin à quitter cette communauté de cinglés. Bizarrement, au moment du départ, lorsqu’ils nous proposent le gîte, personne n’est intéressé. On est bien heureux de sortir de ce traquenard. Drôle d’expérience, on s’en rappellera. 

  Etonnante basilique de Soatanana

Cathédrale de Fianaratsoa les hautsHormis ces deux visites on ne fait pas grand-chose, ça nous change, et on en profite à fond ! On flâne en ville, puis d’un resto à l’autre et aussi on organise la suite de notre voyage qui a subi de grands bouleversements. Eh oui, la situation politique chinoise n’ayant toujours pas évoluée depuis notre départ, notre excursion autonome en tandem au Tibet est fortement remise en question. A moins d’arriver depuis l’intérieur de la Chine c’est même impossible. Après moult recherches, aucune solution alternative ne semble fonctionner. On doit donc se résigner à abandonner ce projet. D’un coup, près de 3 mois d’espace voyage sont ainsi libérés. Ca laisse de quoi faire. Et voilà dans les grandes lignes ce que ça devrait donner : Moscou, transsibérien, lac Baïkal, transmongolien et 2 mois d’immersion en Mongolie, puis retour via Pékin. Ca devrait le faire ! En y allant « mora-mora » on concrétise un peu tout ça en quelques cessions Internet. Citons aussi la visite du magasin laboratoire de Pierrot Men, le célèbre (et unique !) photographe de Mada, réputé pour ses clichés noir et blanc de l’île. La boutique, petite et encombrée, nous plait bien. Des tirages de toutes tailles sont accessibles un peu partout, il suffit de farfouiller. Ce type a incontestablement un don. Ses photos retranscrivent justement la vie quotidienne malgache, illustrant cette réalité sociale parfois difficile à sonder. Beau travail !

Travaux des champs Malgré une première approche peu engageante, Fianar, nichée au cœur d’un territoire très productif, nous aura beaucoup plu avec ses collines, sa vielle ville magnifique, son organisation étagée sur plusieurs niveaux et ses superbes alentours. De nombreuses rizières dans la vallée et jusqu’en pleine ville forment de beaux tapis verdoyants, tandis que plus loin toutes sortes de plantations en terrasse sculptent les pentes. Et partout autour on retrouve ce relief escarpé qui nous plait tant : collines, monts, vallées et même quelques falaises accrochées aux plus hautes buttes. C’est vert, c’est lumineux et ça prend de jolies teintes sous le soleil. Bref on adore.

S’en suit le long voyage de retour jusqu’à Tana, le long de la RN7 qui serpente sur le relief ondulé des Hautes Terres. C’est à nouveau le lent défilement de ces splendides paysages maintenant plus familiers pour nous. Le regard est constamment attiré par toutes sortes d’images. Et c’est bien ça qui nous aura tant plu à Mada, hautement photogénique. Ces instantanés de vie, de lieu, de paysages, nous touchent énormément. Des visions scéniques presque parfaites. Des moments de grâce volés marquant la pellicule de notre sensibilité. Ces femmes bien droites Enfants malgachesqui portent bien droit sur leur tête de gros baluchons. Le riz étalé au soleil. Ces silhouettes courbées par les travaux des champs, les pieds dans l’eau. Les vêtements étalés dans l’herbe pour un séchage naturel. Une dame toute fripée au sourire sans dents. Les épis de maïs qui sèchent au balcon. Des zébus imposants labourant la campagne. Les sourires de ces gamins encore insouciants. Une maison en à flanc de colline avec d’épais murs et de toutes petites fenêtres. Des poulets trimballés la tête en bas et les pattes attachées formant des bouquets de volaille. Ces hommes Betsileo, à la fière allure, drapés dans d’épaisses couvertures et coiffés d’un chapeau de paille. Un bébé harnaché sur le dos de sa mère par de longs tissus. Des tireurs de pousse-pousse sommeillant sur leur siège en attendant la prochaine course… Et tant d’autres belles images. Bien sûr ce n’était pas une étape de tout repos entre les transports difficile en taxi-brousse, la misère ambiante et les sollicitations incessantes, il faut s’accrocher. Pourtant ça restera pour nous une expérience inoubliable ! A tel point que sans être encore partis on pense déjà à revenir.

 

 

Contact : lesptitsvadrouillards@gmail.com

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×